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L’Afrique rend un dernier hommage à George Floyd

Au-delà de la non-réaction de ses dirigeants, la société civile africaine s’est mobilisée en mémoire de l’Afro-Américain tué par un policier blanc.
Enterré mardi 9 juin à Houston, au Texas, George Floyd n’a pas fini de faire parler de lui. Sa mort continue de provoquer une onde de choc dans le monde entier et, en Afrique, plusieurs rassemblements se sont tenus ces derniers jours pour lui rendre un vibrant hommage.
Au Sénégal, ils n’étaient pas très nombreux ce mardi soir, Covid-19 oblige, mais le symbole y était. Genou à terre sur le sable pendant 8 minutes 46 secondes face à l’océan Atlantique, le petit comité issu de la société civile a symboliquement choisi les bords de l’Atlantique et le mémorial Gorée-Almadies qui attend son monument à la mémoire des victimes de la traite négrière.
Du XVe siècle au milieu du XIXe, des milliers d’esclaves africains ont transité par cette minuscule île située à cinq kilomètres à peine de Dakar, avant d’entreprendre une épouvantable traversée vers les Amériques. « Nous sommes venus nous agenouiller pour la mémoire de George Floyd sur le site du mémorial de Gorée. « Cette symbolique est très forte parce que vous êtes en face de l’Amérique », a dit l’un des organisateurs, Ibrahima Diagne. « Le temps continue à être très long pour les Noirs d’Amérique », a-t-il ajouté après un long moment de silence.
Solidarité avec les Afro-Américains
Que restera-t-il en Afrique de ce mouvement mondial d’indignation qu’aura suscité le meurtre de George Floyd ? Alioune Tine, ancien directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest a lancé un appel pour « un nouveau souffle pour rebâtir l’humanité ». « Le meurtre de sang-froid d’un citoyen noir africain-américain par un policier blanc euraméricain, commis en plein jour dans une rue de la capitale du Minnesota, est un fait divers qui rappelle tragiquement les pratiques de lynchage d’un passé esclavagiste et ségrégationniste de l’Amérique condamné par l’histoire », déplore le fondateur du think tank Afrikajom Center et co-organisateur de cette mobilisation.
Pour le militant sénégalais, l’acte du policier américain est un déni de dignité et d’humanité qui n’était pas seulement adressé à Floyd. « Tout le monde sait pourquoi Georges Floyd est mort sous le genou criminel du Blanc. (…) Il l’a fait parce que, dans le passé tragique de l’esclavage, les gens pouvaient prendre impunément un nègre, le lyncher, le tuer sans justice. Les gens ont été révoltés par cette image, de torture, de traitement inhumain, dégradant », a-t-il lancé.
En début de semaine, le Sénégal s’était déjà illustré dans le vaste mouvement de protestation contre le racisme avec la mise en ligne de la « déclaration de Dakar en hommage à George Floyd » publiée lundi. « L’Afrique ne saurait demeurer passive ni silencieuse face aux souffrances de sa diaspora » peut-on lire dans ce texte signé par des autant d’artistes que de militants ou encore d’acteurs de la société civile. Tous condamnent « les violences racistes subies par la sixième région d’Afrique ».
Des propos qui font écho à ceux de l’ex-chef de l’État béninois Nicéphore Soglo. En sa qualité de vice-président du Forum des anciens chefs d’État et de gouvernement d’Afrique, il a exhorté, quelques jours après le drame, les dirigeants africains à « manifester fermement » contre ce meurtre. « Quel niveau de cruauté devez-vous atteindre pour que le monde se réveille enfin et manifeste son indignation ? Qui oserait ainsi, à visage découvert, traiter de la sorte de nos jours un Européen, un Arabe, un Israélien, un Indien, un Chinois, un Japonais, un Argentin ou un Chilien ? Trop, c’est trop ! »
Tout en saluant la position « courageuse » du président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, et celle du président du Ghana, Nana Akufo-Addo, le collectif s’étonne par exemple que le chef de l’État sénégalais, Macky Sall, ne se soit toujours pas exprimé publiquement sur la mort de George Floyd tandis qu’il n’avait pas hésité à se rendre à Paris au moment de l’attentat contre Charlie Hebdo, s’étonne Alioune Tine. « Nous étions mal à l’aise de voir le monde entier se lever pour dire non à l’injustice alors que pratiquement aucun chef d’Etat africain ne s’est prononcé, contrairement à 2015 où ils étaient tous “Charlie” »
Justement, dans la même journée, les lignes ont quelque peu bougé puisque la majorité du président Macky Sall a émis un message de condamnation de la mort de George Floyd. La coalition menée par la formation du chef de l’État a condamné « avec la dernière énergie l’assassinat de George Floyd et de toutes les autres victimes africaines-américaines tombées récemment sous les balles tirées à bout portant ou après des actes de tortures mortelles et de violences policières inouïes ».
La majorité présidentielle appelle dans cette déclaration les Sénégalais « à exprimer de façon pacifique et digne leur solidarité à nos frères et soeurs afro-descendants ». Elle invite les pays africains à coordonner à travers l’Union africaine une action internationale « d’envergure » pour condamner les violences racistes à travers le monde. Elle indique qu’elle enverra une délégation auprès des autorités américaines à Dakar pour leur « remettre un message de protestation » et les « exhorter à prendre d’urgence des mesures et des réformes indispensables afin de protéger leurs populations d’afro-descendants ».
Des telles expressions officielles, et plus généralement les manifestations publiques, sont restées rares sur le continent malgré la vague de protestations suscitée aux États-Unis et dans le monde par la mort de George Floyd.
L’espoir d’un tournant contre le racisme
Non loin, au Ghana, le gouvernement a organisé dès vendredi une cérémonie commémorative en l’honneur de George Floyd avec pour objectif de soutenir tous les Noirs du monde entier et de lutter contre le racisme. Cette cérémonie a eu lieu sur le site historique du centre mémoriel W.E.B. Du Bois pour la culture panafricaine, sous l’égide du ministère du Tourisme, des Arts et de la Culture. « Nous souhaitons mettre à profit cette occasion pour attirer l’attention sur l’injustice que continuent de subir nos frères et soeurs dans le monde entier », a déclaré la ministre du Tourisme, des Arts et de la Culture, Barbara Oteng-Gyasi.
La situation aux États-Unis est si grave qu’elle ne se limite pas aux Afro-Américains, mais affecte aussi les Africains, qu’ils soient immigrés ou de simples touristes. « Le racisme en Amérique reste une pandémie mortelle, à laquelle nos frères et sœurs aux États-Unis souhaitent trouver un remède depuis plus de quatre cents ans », a-t-elle dit. La ministre a exprimé son espoir que la mort de George Floyd mais aussi celle d’Ahmaud Arbery, Breona Taylor et bien d’autres victimes avant eux ne soient pas vaines, mais qu’elles conduisent à une prise de conscience réelle du sentiment d’appartenance à une même communauté de destin.
Lundi, en Afrique du Sud, plusieurs partisans de la gauche radicale menée par Les combattants pour la liberté économique, EFF, se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Pretoria pour protester contre le racisme, les violences policières et le président Trump. C’est la plus importante mobilisation dans le pays depuis le décès de l’Afro-Américain de 46 ans. « À bas le racisme », « à bas l’impérialisme », « à bas Donald Trump », ont crié devant les manifestants, emmenés par Julius Malema.
Les partisans des EFF ont rendu hommage à la victime en observant, un genou à terre, 8 minutes et 46 secondes de silence, le temps de l’immobilisation qui a abouti à sa mort. « Il y en a assez de la brutalité policière sur nos corps noirs », a lancé M. Malema à la foule, flanqué de l’épouse d’un homme récemment tué par l’armée sud-africaine chargée de faire respecter le confinement contre le Covid-19.
Le dirigeant politique a également étrillé Donald Trump, qualifié de « suprémaciste blanc », et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accusé d’avoir allégé le confinement contre le coronavirus pour satisfaire « l’économie blanche » du pays. « Il ne faut plus écouter le président », a-t-il lancé. Le mouvement s’est répandu jusqu’au Maghreb de différentes manières. En Tunisie, où les migrants subsahariens sont souvent des cibles de violences, environ 200 personnes ont réclamé la justice et de pouvoir « respirer » face au racisme, vendredi, à Tunis.
Le Point/ Bisonews.Cd

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