fbpx

Rester informé sur l'actualité de la RDC et d'ailleurs

Situation Épidémiologique en RDC

samedi, mars 6, 2021
26,340
Personnes infectées
Updated on 06/03/2021 12:13 am
5,028
Personnes en soins
Updated on 06/03/2021 12:13 am
20,601
Personnes guéries
Updated on 06/03/2021 12:13 am
711
Personnes mortes
Updated on 06/03/2021 12:13 am

Contagion par le coronavirus : le Covid-19 se transmet-il par l’air ? Ce que l’on sait




Aux Etats-Unis, un conseiller de la Maison Blanche indique que le coronavirus peut se transmettre par voie aérienne, lors d’une simple conversation. En France, l’Académie de médecine préconise l’usage systématique de masques dans la population.

La transmission du coronavirus pose toujours question, alors que la pandémie mondiale sévit depuis des mois et qu’en France, le combat a commencé depuis la fin du mois de janvier. Les procédés de contagion sont pourtant très précis si l’on s’en tient aux informations et recommandations de Santé publique France et plus globalement du ministère de la Santé. Le coronavirus se transmet par des gouttelettes projetées par la toux ou les éternuements d’un malade, directement, ou par le contact des mains qu’on porte à son visage. La contamination se fait donc principalement par voie respiratoire et par contact physique. C’est ce mode de contagion qui a dicté aux autorités les consignes à respecter, à commencer par le confinement et la distanciation sociale, nécessaires pour ne pas laisser l’épidémie se propager. Il est aussi demandé de rester à un mètre les uns des autres en cas de rencontre, de se laver régulièrement les mains, d’éternuer ou de tousser dans son coude et de jeter ses mouchoirs après leur première utilisation.

Les certitudes scientifiques sont néanmoins bousculées depuis quelques jours avec certaines déclarations ou inflexions dans les décisions politiques. Anthony Fauci, conseiller du président Donald Trump et membre de la cellule de crise de la Maison Blanche, a ainsi lâché une bombe ce vendredi en déclarant que le virus pouvait se transmettre dans l’air. Selon lui, il ne fait plus guère de doute que le nouveau coronavirus est transmis par voie aérienne quand « les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent ». En conséquence, le président américain a appelé ses concitoyens à se couvrir le visage à l’extérieur, même s’il a rappelé qu’il ne s’agissait « que de recommandations ». La question de la transmission par voie aérienne est en effet intimement liée à cette des masques.

En Italie et en particulier en Lombardie, il a été décidé qu’à partir de ce dimanche, ceux qui sortiront devront se couvrir les voies respiratoires, avec des masques, ou à défaut des écharpes ou des foulards. En France, où les autorités ont longtemps assuré que le port du masque par la population était inutile dans un cadre préventif, l’Académie de médecine a préconisé le port généralisé du masque, y compris pour des modèles moins perfectionnés que celui des soignants. « Le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur », a écrit vendredi l’Académie qui « recommande que le port d’un masque grand public, aussi dit alternatif, soit rendu obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement ». 

Le coronavirus peut-il se transmettre par l’air ?

Depuis le début de l’épidémie, cette hypothèse selon laquelle le coronavirus pourrait se transmettre via l’air expiré (les « aérosols » dans le jargon scientifique) fait l’objet de nombreuses spéculations et n’est pas encore scientifiquement prouvée. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est pour le moment montrée prudente sur le sujet. Dans un rapport mis en ligne le 29 mars sur son site Internet, l’OMS assure que la présence du coronavirus dans l’air ne signifie pas que le virus est viable et qu’il peut donc contaminer un individu par simple respiration. Le « faisceau de preuves scientifiques » ne serait pas suffisant pour affirmer que le Covid-19 se transmet par l’air. L’organisation craint surtout que l’usage généralisé du masque donne un « faux sentiment de sécurité » et fasse oublier les indispensables mesures-barrières (distanciation sociale, lavage des mains…).

De son côté, le gouvernement français indique à ce stade que le virus peut certes s’attraper lors d’une « discussion », mais il estime que le virus ne peut pas circuler dans l’air. « Non, il ne peut pas vivre dans l’air tout seul. Le coronavirus responsable du COVID-19 se transmet par les gouttelettes, qui sont les sécrétions respiratoires qu’on émet quand on tousse, qu’on éternue ou qu’on parle », peut on lire très clairement sur le site dédié du gouvernement. « Le virus est transporté par les gouttelettes, il ne circule pas dans l’air tout seul, mais peut atteindre une personne à proximité (<1 mètre) ou se fixer sur une surface souillée par les gouttelettes, comme les mains ou les mouchoirs », est-il encore écrit. Le récent avis de l’Académie de médecine, s’il préconise la généralisation des masques, ne contredit d’ailleurs pas cette information officielle. « Il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection », se contente d’écrire l’institution.

Que disent les résultats des tests réalisés sur l’air ?

La question est d’abord de savoir si des virions infectieux peuvent se trouver aéroportés, autrement dit transportés par l’air. S’il semble acquis que les gouttelettes expurgées lors d’une toux ou d’un éternuement tombent le plus souvent en direction du sol, en raison de leur poids, des gouttelettes plus petites, de l’ordre de 5 µm, pourraient théoriquement rester suspendues dans l’air et même « voyager » sur plusieurs mètres. Mais dans d’aussi petites particules, la charge virale est suffisante pour contaminer un tiers ? Selon Lidia Morawaska, une scientifique australienne spécialiste des aérosols, qui s’est exprimé dans la revue Nature, « dans l’esprit des scientifiques travaillant sur ce sujet, il n’y a aucun doute que le virus se dissémine dans l’air. C’est une évidence ». Reste que les études sur la transmission du coronavirus par ce biais sont à prendre avec des pincettes.

Une ébauche d’étude menée en Chine, près des hôpitaux où étaient pris en charge les malades du Covid-19, et publiée le 10 mars sur le site Biorxiv, confirme que le SARS-CoV-2 peut être présent dans l’air. Mais elle indique en même temps qu’aucune particule virale entière n’a pu être détectée dans les différents espaces testés, notamment deux centres commerciaux. Les chercheurs estiment pourtant avoir « confirmé la transmission par aérosol comme une voie importante de contamination ». Une autre étude, menée cette fois par des scientifiques américains dans des chambres de quarantaine des hôpitaux du Nebraska accueillant des patients, arrive à des conclusions similaires : le génome du virus a bien été retrouvé dans l’air ambiant des chambres et même dans les systèmes de ventilation. Mais selon cette étude publiée cette fois sur le site MedRxvid, toujours pas de virions infectieux.

D’autres études, en laboratoire cette fois, ont été menées. L’une d’elle a vu ses résultats diffusés dans la prestigieuse revue médicale américaine NEJM le 17 mars. Après avoir diffusé le virus dans une pièce avec un spray aérosol, les chercheurs ont démontré que le virus pouvait survivre dans l’air pendant trois heures. La contamination par l’air serait donc « plausible » selon eux. Mais ce genre d’expérience est assez loin de la réalité : la charge virale projetée par un spray ultra-concentré est généralement sans commune mesure avec celle émanant d’un malade qui tousse ou éternue et dont les gouttelettes auront systématiquement tendance à tomber au sol.

Nombreux sont donc les scientifiques à négliger le potentiel de transmission du coronavirus dans l’air. « Le risque est surtout de se tenir à moins d’un mètre de quelqu’un qui est infecté ou en touchant des surfaces sur lesquelles sont tombées ces gouttelettes », indiquait le professeur Paul Hunter, de l’université britannique d’East Anglia, à l’AFP à la mi-mars.

En résumé, la contamination par l’air semble donc théoriquement possible, mais très peu probable dans les faits. Vu d’Asie, où les masques chirurgicaux sont omniprésents, le retard des pays occidentaux sur ce point, ouvertement pointés du doigt, est une aberration.

Les objets peuvent-ils transmettre le coronavirus ?

Dans le New England Journal of medecine, des chercheurs ont démontré que le Covid-19 perdurait quatre heures sur le cuivre et le métal utilisé pour nos pièces de monnaie, 24 heures sur du carton, trois jours sur du plastique, quatre jours sur le bois et l’acier, cinq jours sur du verre et même près de trois heures dans l’air ambiant. De facto, les poignées de portes, les plans de travail et autres livres peuvent présenter des traces du virus. « Ces surfaces, ce sont les ‘fomites’ : tous les objets potentiellement porteurs de germes et qui peuvent poser des problèmes en matière d’hygiène dans la gestion du coronavirus », expliquait dernièrement à 20Minutes Jocelyn Raude, enseignant-chercheur en psychologie sociale de la santé et des maladies infectieuses à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Une précédente étude, publiée dans la revue scientifique américaine JAMA, et menée par des chercheurs du Centre national des maladies infectieuses de Singapour et du DSO National Laboratories, est elle aussi abondamment citée. Effectuée sur des patients confinés dans leurs chambres, elle a montré que ceux-ci avaient, selon les symptômes, légèrement ou fortement souillé les pièces et les meubles. Dans les chambres 13 des 15 surfaces analysées étaient contaminées, dont la chaise, le lit, la fenêtre et le sol, même avec un patient présentant une simple toux. Dans la salle de bains, lavabos et cuvettes étaient fortement touchés par des « traces du virus ». Toutes ces traces disparaissaient en revanche après le nettoyage avec un désinfectant conventionnel.

Cependant, ces conclusions sont à tempérer. D’une part, la majorité de ces études se basent sur la projection de gouttelettes d’eau, fortement chargées de virus SARS-CoV-2, sur différentes surfaces avec l’aide d’un aérosol. De fait, la charge virale est bien inférieure hors expérience en laboratoire. Selon un article publié dans le Journal of Hospital Infection « en dessous de 10 000 particules, le virus résiste moins de 5 minutes, quelle que soit la surface. » D’autre part, la survie du virus ne signifie nécessairement une contagion. La charge virale du virus  » se réduit considérablement, jusqu’à 1000 fois « , a expliqué sur Twitter Angela Rasmussen, docteure en virologie au sein de l’Université de Columbia à New York.

Une transmission du coronavirus est-elle possible par les aliments ?

En pratique, vos denrées alimentaires achetées dans le commerce peuvent être contaminées. Pourtant, contrairement à certaines informations qui ont pu circuler sur Internet, laisser ses courses 1h30 dans le coffre de sa voiture ne servirait à rien. « Nous ne savons pas d’où vient cette durée d’1h30 car si l’on observe les dernières études sur la capacité de survie du virus sur les surfaces, les chercheurs parlent plutôt de durées allant de 1 à 3 jours. Et il n’est pas envisageable de laisser ses courses en quarantaine pendant une si longue durée », a affirmé Bruno Grandbastien, médecin hygiéniste, sur LCI, qui évoque « d’autres précautions », « comme jeter les emballages en carton ou en plastique, nettoyer les produits frais avant de les consommer et se laver les mains lorsque tout est déballé. »

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a étudié la transmission potentielle du virus via des aliments. « La contamination d’un animal étant peu probable, la possibilité de transmission directe du virus par un aliment issu d’un animal contaminé a été exclue par les experts « , conclut l’étude. En revanche, « une personne infectée peut contaminer les aliments en les préparant ou en les manipulant. Aussi, l’agence conseille de cuire la nourriture, a minima, pendant quatre minutes à 63°C. Ce procédé permet de diviser par 10 000 la contamination d’un produit alimentaire. Pour répondre à la question initiale de manière plus concrète, Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a apporté ses lumières auprès du guide de restaurants Le Fooding. Selon ce spécialiste, il n’est pas nécessaire de porter des gants pour cuisiner, tout comme il n’est pas risqué d’acheter des aliments à la coupe (jambons, fromages…), pas plus que manger le pain touché par le boulanger… Il n’est pas nécessaire de cuire les légumes pour les manger. « Vous pouvez les laver et les éplucher comme d’habitude, tant que vous vous êtes lavé les mains », tranche Alexandre Bleibtreu.

Faut-ildésinfecter la maison et les objets ?

Afin de pallier de possibles contagions, il faut respecter les gestes barrières et les règles d’hygiène traditionnelles. Du côté du gouvernement français, on conseille également de désinfecter les surfaces. « En plus du nettoyage régulier, les surfaces qui sont fréquemment touchées avec les mains doivent être nettoyées et désinfectées deux fois par jour, notamment lorsqu’elles sont visiblement souillées. Il s’agit par exemple des poignées de porte, des boutons d’ascenseur, des interrupteurs d’éclairage, des poignées de toilettes, des comptoirs, des mains courantes, des surfaces d’écran tactile et des claviers », est-il précisé sur le site dédié au coronavirus. Les objets digitaux et en particulier les smartphones sont particulièrement visés. Apple a d’ores et déjà conseillé de les nettoyer avec des désinfectants ou des lingettes à 70% d’alcool isopropylique.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique également que « si vous pensez qu’une surface peut être infectée, nettoyez-la avec un désinfectant ordinaire pour tuer le virus ». Le dosage de solvant recommandé est de quatre cuillères à café pour un litre d’eau. Il est conseillé de laver les draps et vêtements souillés à 60°C. Dans une page consacrée à la lutte contre les idées reçues sur le Covid-19, l’OMS indique par ailleurs que les « désinfectants à base d’eau de Javel ou de chlore, de solvants, d’éthanol à 75%, d’acide peracétique et de chloroforme » sont efficaces contre le virus.

L’internaute.com/ Bisonews

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Contagion par le coronavirus : le Covid-19 se transmet-il par l'air ? Ce que l'on sait 2

Abonnez-vous à notre newsletter

Pour être mis à jour avec toutes les dernières nouvelles, offres et annonces spéciales.