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« Je veux savoir où mon fils a été enterré pour faire le deuil » (Germaine Namwezi)




Un peu plus de trois ans depuis la disparition de leurs proches qui accompagnaient les deux experts de l’ONU tués en mars 2017 au Kasaï, les familles des accompagnateurs congolais de Zaida Catalan et Michael Sharp demandent à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire.

Sur les quatre accompagnateurs, trois ont été identifiés: Betu Tshintela, Isaac Kabuayi et Pascal Nzala.

Un entretien a été accordé lundi 8 juin à Radio Okapi à la mère de ce dernier qui est l’un des motards qui transportaient Zaida Catalan et Michael Sharp vers Bunkonde. Voyage dont ils ne sont jamais revenus.

Madame Germaine Namwezi relate n’avoir appris le départ de son fils vers Bunkonde qu’à son retour du culte matinal de ce dimanche 12 mars 2017. Elle ne l’a plus revu.

« Je veux savoir où mon fils a été enterré pour faire le deuil », fait savoir la dame.

Les quatre accompagnateurs sont portés disparus. En mai 2018, des restes humains avaient été déterrés près de la localité où les deux experts de l’ONU avaient été tués.

Des échantillons ont été envoyés en laboratoire pour identifier les corps et déterminer s’il s’agit bien des restes des accompagnateurs congolais.

La mère de Pascal Nzala révèle avoir été invité à l’auditorat militaire à Kananga pour un prélèvement de salive. Mais depuis, elle n’a reçu aucune suite.

« Après sa disparition, nous avons vu des blancs passer ici à la maison prendre certains de ses effets, notamment la brosse à dent et habits, promettant de revenir. […] Les personnes qui ont confirmé avoir commis cet acte ont amené les équipes sur le lieu du crime et ils ont déterré les os. J’ai même été invité à l’auditorat où ma salive a été prélevée. Mais cela fait maintenant trois ans » que je n’ai pas de nouvelle, explique la dame.

Fixer les familles sur le sort de leurs proches

Les familles de Betu Tshintela, Isaac Kabuayi et Pascal Nzala ont contacté un cabinet d’avocats à Kananga qui suit pour elles cette affaire.

« Nous attendons du Parquet qu’il nous dise si effectivement ces corps exhumés n’étaient pas ceux des accompagnateurs », explique Me Jacques Nkole.

Pour l’avocat, c’est seulement après que le Parquet aura donné les résultats des tests réalisés en laboratoire que les familles pourront déterminer la démarche qu’elles vont entreprendre pour la suite de cette affaire.

Dans l’hypothèse où les restes des corps déterrés en 2018 ne seraient pas ceux des accompagnateurs congolais, «nous sommes en mesure de mettre en branle un autre mécanisme prévu notamment par le code de la famille pour présumer le décès parce que la circonstance de disparition des infortunés nous fait déjà penser au décès», fait savoir Me Jacques Nkole, avant de poursuivre :

« Comme vous le savez, le code de la famille prévoit que la disparition dans ces circonstances dès lors qu’on n’a plus de nouvelles de ces infortunés endéans autant de jours, on peut déjà devant le juge naturel, compétent obtenir le jugement déclaratif de décès. Et par conséquent, ce jugement-là peut nous permettre d’avancer avec la procédure »

« Mais on ne peut pas y aller avec le mécanisme prévu par le code de la famille dès lors que l’on n’a pas encore reçu une décision définitive devant le Parquet qui a en charge le dossier », conclut l’avocat.

Radio Okapi/ Bisonews.Cd

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