Cinéma : le film belge « Kinshasa Now »en compétition officielle dans la section « réalité virtuelle »

Kinshasa Now », film en réalité virtuelle du Belge Marc-Henri Wajnberg, sera présenté en compétition au Venice VR Expanded, section de la Mostra de Venise dédiée aux œuvres immersives. La compétition, qui débutera mercredi, sera cette année organisée en ligne en raison de la crise sanitaire. « Kinshasa Now », qui a demandé 5 ans de préparation et de travail, signe le retour de Marc-Henri Wajnberg à Venise, où il avait déjà marqué les esprits avec « Kinshasa Kids » en 2012, alors sélectionné dans la section parallèle Giornate degli Autori.

Grâce à un casque VR 360°, l’expérience interactive plonge les spectateurs dans la vie de Mika, un adolescent de 14 ans qui, chassé de chez lui, se retrouve seul dans les rues de Kinshasa.
« Le film est tourné dans un décor réel, avec de vrais comédiens. L’expérience existe en version linéaire de vingt-cinq minutes et en version interactive dont la durée varie, entre sept et vingt-cinq minutes, en fonction des choix du spectateur », indique Wajnbrosse Productions, société fondée en 1983 par Marc-Henri Wajnberg. Durant le film, des propositions sont ainsi faites au public, qui décide lui-même de la suite de l’histoire. Plus d’une quarantaine de scénarios s’offrent donc aux spectateurs.
« En 2013, après avoir réalisé ‘Kinshasa Kids’, je me suis rendu compte de la méconnaissance du phénomène des enfants de la rue et de l’intérêt que cette problématique suscitait chez les ados. J’ai décidé de raconter cette situation avec ce que j’imagine être leurs outils: internet, nouvelles technologies, réalité virtuelle. C’est de là qu’est né le film ‘Kinshasa Now’ », explique Marc-Henri Wajnberg.
« Au travers de ce film, et des autres films que j’ai réalisés à Kinshasa, je souhaite donner une voix aux enfants des rues, tout comme aux artistes, plasticiens, performeurs, musiciens de la scène kinoise qui inventent, créent dans des conditions de vie difficile. C’est pourquoi ils participent à tous mes projets », poursuit le réalisateur.
Mais mettre en place ce projet en République démocratique du Congo n’a pas été facile. « C’est le film le plus compliqué que j’ai eu à réaliser. Tourner un film à Kinshasa n’est pas une mince affaire », précise Marc-Henri Wajnberg. « Il reste dans les esprits de beaucoup de Kinois l’idée qu’il est interdit de filmer ou de prendre des photos. Cette interdiction avait été mise en place par Mobutu pour éviter de montrer la déliquescence du régime. Kabila père et fils avaient emboîté le pas. Cette interdiction s’est assouplie il y a quelques années moyennant autorisations. » « Kinshasa Now » a par ailleurs été réalisé en période pré-électorale, une période particulièrement tendue dans le pays.
En parallèle au tournage du film, le cinéaste a également mis un point d’honneur à s’occuper de la réinsertion des cinq enfants qui jouent dans « Kinshasa Now ». « J’ai placé les quatre garçons jouant leur propre rôle dans un centre où ils apprennent à lire et écrire, et Chancelvie, la fille comédienne du film, dans un autre centre pour jeunes filles de la rue. Je suis en contact avec ces enfants et je suis leur évolution scolaire », souligne-t-il.
Outre le film en réalité virtuelle, le projet se veut pleinement transmédia et est dans cette optique accompagné d’un documentaire autour de la vie de Chancelvie, d’un dossier pédagogique co-écrit avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) ainsi qu’avec des professeurs belges, d’un livre et d’un site.
Une tournée de présentation du film est prévue en République démocratique du Congo ainsi que dans des écoles belges. Marc-Henri Wajnberg espère par ailleurs pouvoir installer une salle de cinéma de réalité virtuelle à Bruxelles pour partager son œuvre avec le public.
Libre Afrique/ Bisonews

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