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États-Unis: À l’approche de la présidentielle, les jeunes américains donnent de la voix




Dans les États-clés pour la présidentielle, les jeunes américains veulent se faire entendre. Au sein de cette génération Z, ceux nés après 1996, la plus progressiste de l’histoire américaine, beaucoup ont choisi de mettre de côté leur méfiance vis-à-vis de l’establishment politique et voter pour le candidat démocrate, Joe Biden.

En ce jeudi d’automne à Ann Arbor, il règne un calme inhabituel sur le campus de l’Université du Michigan. Ici comme dans d’autres facs américaines, les étudiants ont été invités à retrouver salles de classe et amphis malgré la pandémie de Covid-19. Mais cette rentrée a été plutôt discrète, nombre d’activités et de cours se déroulant désormais en ligne.

Malgré tout, un coin du campus s’agite. Dans le sous-sol d’un bâtiment du Musée d’art de l’Université (UMMA), la ville d’Ann Arbor a installé un bureau d’inscription sur les listes électorales et pour pouvoir voter en avance. Il est ouvert depuis le 24 septembre, jour où le vote anticipé a démarré dans le Michigan. Selon Candice Price, une des responsables, l’enthousiasme des étudiants bat tous les records. « Une hausse (de la participation, NDLR) est un euphémisme », affirme-t-elle à France 24. « Après le débat, c’était fou », continue-t-elle, en référence au pugilat entre Donald Trump et Joe Biden organisé à Cleveland, le 29 septembre. Les étudiants « étaient comme des zombies contre la vitre, essayant de rentrer. C’était dément. Certains ont attendu 45 minutes pour pouvoir voter. »

Selon Candice Price, beaucoup d’étudiants ne cachaient pas leur motivation ce jour-là : ils voulaient se débarrasser de Donald Trump. « Ils étaient très clairs », raconte-t-elle. « Ils disaient : ‘Je suis fatigué de toutes ces conneries, ça ne peut plus durer… Il vous faut mon vote, nous sommes dans un État-clé. »

Vote par correspondance

Avec la Pennsylvanie et le Wisconsin, le Michigan est l’un des trois États traditionnellement démocrates à avoir offert la victoire au collège électoral, sur le fil du rasoir, à Donald Trump en 2016. Le bureau électoral du campus fait partie des centaines d’endroits où les électeurs du Michigan peuvent voter en avance, grâce à une réforme approuvée en 2018. Les étudiants peuvent désormais s’inscrire sur les listes et voter le même jour, tout comme réclamer un bulletin de vote par correspondance sans fournir de justification.

Candice Price ne peut que constater les résultats. « D’habitude, environ 15 000 personnes réclament des bulletins de vote par correspondance à Ann Arbor. Nous avons déjà reçu 40 000 demandes. Dans notre bureau central, les employés passent leurs journées à remplir des enveloppes. J’en ai moi-même rempli un bon millier. »

L’inscription des jeunes du Michigan sur les listes électorales est en augmentation par rapport à 2016, selon le centre d’étude Circle de l’Université Tufts (Massachusetts). Pourtant, selon la même source, tout le pays n’observe pas cette tendance. Dans six des 27 États étudiés par Circle, l’inscription des jeunes sur les listes électorales a même chuté par rapport à 2016.

Plusieurs explications sont possibles. En Ohio, où la baisse est la plus sensible, les défenseurs des droits civiques pointent du doigt des lois rendant obligatoire la présentation d’une pièce d’identité pour pouvoir voter, ainsi que d’autres obstacles techniques à la participation électorale des étudiants. Et puis, évidemment, il y a le Covid-19, qui a donné lieu à des batailles inédites sur les lois électorales. De nombreux États ont facilité le vote par correspondance, mais cette solution n’est pas évidente pour une génération élevée un smartphone à la main.

Énergie politique

Même dans des États comme le Michigan, qui a rendu le vote relativement facile, la pandémie a exacerbé les difficultés logistiques pour se rendre aux urnes. Selon Candice Price, les réseaux sociaux ont cependant permis de contrebalancer ces difficultés. « Les jeunes qui votent pour la première fois nous disent ‘J’ai vu ça sur Instagram, sur Twitter’, donc les réseaux sociaux sont super importants. Si on n’arrive pas à communiquer avec eux en ligne, ils ne vont pas venir voter. »

Le plus gros obstacle reste néanmoins de convaincre les jeunes électeurs que les candidats peuvent réellement faire une différence dans leur vie. Non pas qu’ils soient apathiques. Au contraire, les membres de la génération Z – ceux nés après 1996 – sont en première ligne des mouvement sociaux de ces dernières années, des grèves pour le climat au mouvement March for our Lives (contre les violences par armes à feu), en passant par Black Lives Matter (mouvement contre les violences policières et le racisme).

Une mobilisation qui n’est pas très étonnante. Selon un sondage de l’institut Pew, la génération Z est la plus diverse et la plus progressiste de l’histoire américaine. À peine 52 % des 13-23 ans aux États-Unis sont Blancs. Et 35 % affirment connaître quelqu’un qui utilise un pronom neutre pour qualifier son genre, comparé à 16 % pour la génération X et 12 % des baby-boomers.

Sur le plan économique, environ la moitié des jeunes interrogés par Pew cette année rapportent une perte de revenus dans leur foyer due à la pandémie. Et 70 % affirment que le gouvernement devrait faire davantage pour régler les problèmes sociaux, soit deux fois plus que les Américains les plus âgés.

Reste à savoir à quel point cette énergie politique de la génération Z se traduira dans les urnes lors de cette élection présidentielle qui sera la première pour des milliers de jeunes. Dans cette génération, 24 millions de personnes sont en âge de voter, mais seulement 4 % d’entre elles disent en avoir l’intention. Historiquement, en effet, les jeunes américains ne votent pas ou peu. Et bien qu’ils aient démenti cette tendance en 2018, en aidant les démocrates à reprendre la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat, il n’y a pas de garantie que cela se reproduira.

Méfiance envers l’establishment

Ces « Zoomers » ont beau pencher fortement pour le Parti démocrate, les sondeurs observent chez eux une méfiance croissante des institutions. Près de la moitié de ceux qui s’identifient comme démocrates sont aussi critiques à l’égard des « élites du parti », selon une étude de Circle de 2018.

« Joe Biden, ça n’est pas mon objectif à long terme », témoigne Madison Horton, une étudiante infirmière de 20 ans à Ann Arbor. Elle a soutenu Bernie Sanders pour les primaires démocrates et, comme beaucoup des jeunes supporters du sénateur socialiste, elle a perdu son enthousiasme après sa défaite. Pourtant, depuis que Joe Biden a décroché la nomination du Parti démocrate, elle n’a « jamais réellement douté » de son vote pour ce politicien centriste.

Les positions les plus extrêmes du républicain Donald Trump aident aussi à galvaniser ces jeunes électeurs. Madison Horton se dit choquée par le fait que le président américain n’ait pas réussi « quelque chose d’aussi simple que de condamner le suprémacisme blanc » lors du débat, ce qui l’a confortée dans sa décision de voter Biden. Elle est confiante dans le fait que les autres jeunes supporters de Bernie Sanders feront comme elle.

Malgré leurs réserves, près des deux tiers des membres de la génération Z ayant l’intention de voter comptent choisir Joe Biden, contre 27 % pour Donald Trump, selon un sondage Morning Consult réalisé en septembre.

Madison Horton rejoint ainsi les rangs de milliers de jeunes désenchantés par les choix politiques qui s’offrent à eux, mais qui voteront « utile » en choisissant Joe Biden. Lors d’un séjour en Pennsylvanie, en Ohio, dans le Michigan et le Wisconsin, fin septembre et début octobre, France 24 a retrouvé, à plusieurs reprises, ce même sentiment parmi les jeunes activistes américains.

À Cleveland, dans l’Ohio, des centaines de manifestants ont donné de la voix à quelques pas du lieu du débat entre Donald Trump et Joe Biden. Le rassemblement était organisé par plusieurs groupes de gauche, comme le mouvement écologiste Sunrise, les antiracistes de Black Lives Matter ou encore des socialistes démocrates américains (DSA).

Jonathan Roy a entendu parler de la manifestation sur Internet, par le groupe Black Lives Matter Cleveland. Ce jeune métisse de 24 ans, qui joue de la batterie à plein temps dans une église locale et fait quelques extras comme serveur, affirme avoir lui-même été victime d’abus de la police.

« J’ai été arrêté dans une banlieue résidentielle », raconte-t-il, précisant que la police l’avait insulté et lui avait imposé un test d’alcoolémie « sans raison, dans le froid, alors qu’il neigeait ». « J’ai failli être condamné à six mois de prison et à 1000 dollars d’amende pour rien », se souvient le jeune homme. Les poursuites contre lui ont finalement été abandonnées.

Jonathan Roy a aussi été choqué par la mort en 2014 de Tamir Rice, un jeune Afro-Américain tué par la police de Cleveland, alors qu’il jouait avec un faux pistolet. Il s’agit de l’une des tristes affaires qui ont lancé le mouvement Black Lives Matter cette année-là, un mouvement qui ne s’est pas affaibli depuis. Lors de l’élection présidentielle, Jonathan Roy votera pour Joe Biden. « Personnellement, les affaires gouvernementales, ça n’est pas trop mon truc. Mais quelqu’un doit faire quelque chose. »

Le fond avant tout

Parmi les membres, moins nombreux, de la génération Z qui soutiennent Donald Trump, beaucoup sont très mobilisés et s’investissent sur les réseaux sociaux. Sur TikTok, les fans de Donald Trump se retrouvent sous le hashtag #SocialismSucks, et se moquent des idoles de la gauche comme Bernie Sanders ou l’élue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez.

YouTube, le réseau social le plus utilisé par les adolescents, a servi de plateforme de recrutement pour l’extrême droite. Et sur de nombreuses chaînes, des groupes bien financés comme Talking Points USA utilisent de nouvelles tactiques agressives pour promouvoir les thèmes conservateurs.

Parmi ces jeunes militant pro-Trump, il y a Lexie Hall, porte-parole du groupe anti-avortement Created Equal, rencontrée à Cleveland avec une pancarte affichant l’image sanguinolente d’un fœtus avorté. La jeune femme de 19 ans, entourée d’une dizaine d’activistes, affirme que son organisation « cherche à rendre l’avortement impensable dans notre culture ».

« Si un candidat est pro-avortement, je ne pourrai pas voter pour lui », affirme Lexie Hall à Cleveland, le 29 septembre 2020.
« Si un candidat est pro-avortement, je ne pourrai pas voter pour lui », affirme Lexie Hall à Cleveland, le 29 septembre 2020. © Colin Kinniburgh, France 24
Lexie Hall compte voter pour Donald Trump car il est selon elle « le seul candidat ‘pro-life' ». Interrogée sur la contradiction d’une telle position, étant donné le nombre de morts du Covid-19 sous la présidence Trump, elle répond : « Vraiment, pour moi, l’avortement est le sujet principal. Si un candidat le soutient, je ne pourrai pas voter pour lui. »

Il y a peut-être un point commun entre Lexie Hall et les jeunes progressistes : les sujets de fond les motivent autant, sinon plus, que l’appartenance à un parti ou le candidat. Au mois d’avril, une coalition de huit groupes de jeunes progressistes écrivait ainsi à Joe Biden : « Les jeunes sont des électeurs intéressés d’abord par les sujets de fond. (…) Un message exclusivement anti-Trump ne sera pas suffisant pour mener un candidat à la victoire. Nous avons besoin que vous promouviez les idées audacieuses qui galvanisent notre génération et nous donnent de l’espoir dans le processus électoral. »

Fr24

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