Compte tenu de l’importance et de la sensibilité de ce sujet, cette rencontre a connu la participation active des journalistes, des autorités provinciales, des membres de la Société civile, et des acteurs politiques locaux. Au total, une trentaine des personnes ont échangé sur la montée inquiétante des discours discriminatoires dans les médias dans la province du Haut-Katanga, dejà touché par ce fléau dans les années 1990.

Pour JED, le discours de la haine tribale, de la violence et de la xénophobie est de plus en plus ressentis dans les médias traditionnels et dans les réseaux sociaux dans la province du Haut-Katanga. Dans ce contexte, les médias ont un rôle important à jouer pour arrêter ces propos haineux et tribaux. La responsabilité sociale du journaliste et des autres acteurs des médias doit être le socle de l’unité et de la cohésion nationale menacée par la montée des discours discriminatoires dans la presse.

Dans son mot d’ouverture, le Secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, a indiqué que ce séminaire-atelier poursuivait trois objectifs majeurs à savoir :

  1. Sensibiliser et conscientiser les médias de la province du Haut Katanga sur leurs rôles dans la consolidation de la paix et de la cohabitation pacifique entre les différents groupes ou communautés vivant dans cette province ;
  2. Sensibiliser les médias locaux, la société civile et les acteurs politiques sur le fait qu’il est possible de débattre des questions sensibles et même des questions qui fâchent, sans tomber dans les travers des incitations à la haine ou à la violence ;
  3. Attirer l’attention des autorités locales sur les dérives potentielles qui peuvent découler de l’instrumentalisation des médias par des hommes politiques ou des associations socioculturelles.

JED estime que le discours de la haine n’est pas un discours journalistique ni une information. C’est pourquoi les journalistes doivent casser la chaine de diffusion de ces discours dans tous les médias.  Cette exhortation a été faite par le Professeur Emmanuel Kabongo, consultant JED et expert médias. L’orateur a plus insisté sur le respect du Code d’éthique et la déontologie du journaliste congolais ainsi que d’autres lois du pays qui interdissent ces genres de discours.

Le deuxième orateur, Me Bin Masudi, avocat au barreau de Lubumbashi, a expliqué aux journalistes et autres invités l’aspect juridique et social des discours discriminatoires dans les médias et les espaces publics. « Les journalistes doivent être au-dessus de la mêlée.  Les discours discriminatoires sont interdits par la loi et sont réprimés », a t- il déclaré.

A tout prendre, les deux orateurs ont demandé aux journalistes de bannir les discours discriminatoires qui diviser les différentes communautés vivants dans la province du Haut-Katanga en véhiculant un message de paix et de la cohésion nationale.

JED Afrique