De l’ombre à la...

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Bintou Keita en visite...

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Kinshasa accueille une session...

Dans la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, le parti politique Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé), dirigé par l'opposant Martin Fayulu, a inauguré ce vendredi 1er mars 2024, une session extraordinaire de son conseil national. Cette réunion de haut niveau, prévue pour s'étendre jusqu'au 4 mars

RDC : Claude Kankenza, entre la vie civile et militaire

Dénonçant une nouvelle « nomination tribale » par le président Félix Tshisekedi, les réseaux sociaux congolais s’émeuvent de ce qu’un « civil » ait été « bombardé général » et placé à la tête du Groupement des écoles supérieures militaires. Selon les informations obtenues par La Libre Afrique.be, il n’en va pas ainsi. L’histoire est cependant extraordinaire et ne peut sans doute survenir qu’au Congo.

Lundi dernier, le 4 janvier, est annoncée à Kinshasa la nomination d’un nouveau chef d’état-major du Groupement des écoles supérieures militaires, le général de brigade Jean-Claude Kankenza. Il chapeautera notamment l’Ecole de guerre de Kinshasa, inaugurée le mardi 5 janvier.
Le même jour, nos confrères de Voice of Congo relèvent le « parcours atypique » du promu, ancien directeur financier à la BIAC (Banque internationale pour l’Afrique au Congo) – une banque dont la liquidation forcée lancée en octobre dernier a été suspendue. Le mercredi 6 janvier, le spécialiste en affaires militaires congolaises Jean-Jacques Wondo assure qu’un civil a été nommé indûment général de brigade et que quelqu’un « a induit le président Tshisekedi en erreur ».
Un homme brillant
Selon les informations recueillies par La Libre Afrique.be à bonne source, toutefois, Jean-Claude Kankenza n’est pas un civil. Cet homme brillant, qui a terminé en 1989 ses études à l’université de Lubumbashi avec un diplôme en Economie et Gestion financière, semble en effet avoir… mené deux carrières de front.
La chose n’est pas rare au Congo, où tout le monde sait que de nombreux chauffeurs de taxi de la capitale sont des fonctionnaires de l’Etat; ils se présentent le matin au ministère, puis le quittent pour gagner de l’argent au volant d’un véhicule. En cause: la modestie du salaire des fonctionnaires, dont le poste offre cependant des avantages qu’on ne veut pas perdre.
Certains Congolais mènent d’autant plus facilement deux carrières de front que l’absence d’un service d’état civil digne de ce nom dans le pays et l’usage de la carte d’électeur comme carte d’identité facilitent l’usage de deux noms différents pour les deux carrières. A chaque fois qu’une administration ou l’armée a effectué un recensement biométrique de son personnel, des cas ont d’ailleurs été découvert d’agents « fantômes »: ils n’ont pas d’existence avérée mais quelqu’un touche le salaire correspondant à ce nom.
Jean-Claude Kankenza, lui, semble avoir mené deux carrières avec son vrai nom. Menant une existence assez discrète, il n’a pas attiré l’attention sur lui jusqu’à ce qu’il fasse la « une » des journaux.
Gestion financière et carrière militaire
A l’issue de ses études, il a ainsi travaillé à la SNCC et à la Gécamines. A partir de 1993, il assure la gestion financière d’une entreprise d’élevage et vente de viande au Kasaï Oriental, la Compagnie des Grands élevages de Tshofa, et passe quatre ans plus tard à Elf Oil Congo, avant d’être embauché comme directeur financier par la Biac en 2001, renseigne sa notice biographique publiée dans le rapport annuel de la Biac.
Parallèlement, indique une source de La Libre Afrique.be, Jean-Claude Kankenza est entré dans les forces armées sous Mobutu et a suivi le parcours normal d’un militaire, occupant des postes dans différents commandements et différentes régions. Il ne serait donc en rien un officier improvisé. En 2013, il était colonel – avec le même numéro matricule que celui qui est le sien aujourd’hui – et sera nommé général par une des ordonnances de Félix Tshisekedi de juillet 2020.
Evidemment, une double carrière suscite la question de la qualité du travail fourni dans chacun des deux parcours. Deux mi-temps sont-ils suffisants, même pour un sujet brillant?
Libre Afrique/ Bisonews

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