2023 : le retour de Joseph Kabila change tout

C’est au moment où FATSHI est annoncé malade. Au moment où Katumbi soulève des foules partout au pays. Et que Fayulu est à la conquête de l’ouest. Que patatras, Olive Lembe lâche la bombe à Kalemie : “Joseph Kabila sera candidat en 2023”.
 
Un dîner pas comme les autres offert à 2.000 mamans à l’hôtel Yvonne de Kalemie, capitale du Tanganyika par la belle sœur, Marie-Olive Lembe Kabila a permis de dévoiler les dernières intentions politiques du Raïs Joseph Kabila Kabange. Se trouvant dans la province d’origine de son époux, l’ex-première dame de la République démocratique du Congo avait bien réglé son annonce.

Un coup de géant. Devant un parterre de notables, tous nostalgiques des actions inachevées de Zoé Kabila, le gouverneur déchu par la puissante Union sacrée, elle a harangué. Dans cette province, les œuvres de développement imprimées par le jeune-frère de JKK sont nombreuses et interpellatrices. Depuis le départ de Zoé en effet, tout ou presque est à l’arrêt. Même les superbes plages de sable blanc avec une touche d’exotisme indéniable hurlent d’attente pour le retour aux affaires de leur gouverneur indélicatement évincé par les politiciens. C’est donc dans cette province d’espoir et d’avenir que la matriarche OLK a sonné le retour aux affaires de son mari.
 
J’insiste, j’insiste, j’insiste….faites confiance à vos enfants (les Kabila)…


 
Chefs coutumiers, notables, leaders politiques, acteurs de la société civile, ménagères, agricultrices et autres personnalités d’encrage provincial étaient bel et bien là. Tout yeux, tout oreilles. Lorsque Marie-Olive clôture son speech. Une occasion qui valait bien la chandelle au vu de la conjoncture politique du moment, parsemée de plusieurs crises politiques et des dissensions en perspective entre groupes politiques de même obédience. La grande Union sacrée est toujours malade du départ de JM Kabund; Fayulu et Muzito semblent être sur une grosse bifurcation qui risquerait de séparer les deux leaders ; Katumbi ne fait qu’enregistrer des départs dans ses rangs et plusieurs kabilistes en transhumance politique ne pouvant plus retourner à Kingakati au regard des incertitudes de la gouvernance UDPS, taillent bavette tout autour de deux présidents des Chambres du Parlement. Marie-Olive Lembe Kabila savait pertinemment que les Kalemiards en ont ras-le-bol de l’Union sacrée pour enfin ouvrir le grand débat autour du retour au pouvoir de son mari. Sa campagne avait commencé la veille dans un stade Joseph Kabila plein comme un œuf. “Chez nous au Maniema, on chante : venez voir pour constater. On a dit que Joseph Kabila n’était pas populaire. Avez-vous vu toute cette foule dans ce stade ?”.

Lors du dîner, elle va battre le rappel des troupes en exhortant le peuple du Tanganyika à faire confiance à leur fils, Joseph Kabila Kabange : “j’insiste, j’insiste et j’insiste encore. Faites confiance en vos enfants, aux enfants de Mzee Laurent-Désiré Kabila et à leur mère, Maman Sifa. Ils parlent peu mais réalisent beaucoup. Ils sont toujours respectueux de leurs paroles données. Malgré qu’ils subissent toutes formes d’attaques, ils restent engagés à servir la communauté”, fin de citation. La femme de Kabila a d’abord épinglé les plus grands mérites de son époux : “un homme qui a encore toute sa force dans sa grande jeunesse. Il est capable de redresser cette nation et de redonner du sourire aux Congolais”, a-t-elle insisté. Des mots bien choisis qui n’incriminent et n’indèxent du tout l’actuel régime.
 Kabila, avec quels soutiens politiques ?

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Même si les deux personnalités entretiennent un flou artistique autour de leur “accord politique d’alternance”, des indiscrétions indiquent que Félix Tshisekedi conserverait de l’estime envers son prédécesseur. Difficile d’en déduire une relation parfaite mais ils ne sont pas encore sur le terrain de l’intimité. Kabila a marqué plusieurs proches de Tshisekedi par son calme, son respect de l’autorité établie et son retrait de la grande réclame politique. En dépit de plusieurs scènes d’humiliation lui infligées par certains caciques du régime de l’UDPS, JKK n’a jamais sonné l’alerte du dégoût vis-à-vis de son ex-partenaire. Certes, l’accord FCC-CACH a été mis en terre, mais des parcelles politiques existent bel et bien entre les deux dignitaires. Si l’affaire François Beya n’a pas encore révélé tous ses secrets, il n’est pas déraisonnable de croire que Kabila a sû supporter les bons caprices d’un jeune régime dont les actes de gestion sont généralement portés vers le sensationnel.
 
Kabila conserve également des atouts non négligeables à l’interne. Si l’opposant Moïse Katumbi l’a sérieusement combattu par le passé, leurs relations se seraient nettement améliorées. Sauf qu’avec cette dernière annonce de candidature, il se pourrait que Ensemble pour la République trouve en Kabila une nouvelle cible. Jean-Pierre Bemba quant à lui a préféré s’éloigner de toute aventure de candidature à la prochaine présidentielle de 2023. Bemba et Kabila ont une histoire. Celle de la réunification du pays. Vice-président de la République sous le 1+4, Jean-Pierre Bemba pourrait trouver en JKK un interlocuteur sûr.

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Le cas le plus complexe sera sans doute Modeste Bahati Lukwebo, un insoumis du FCC qui actuellement joue le rôle de la deuxième personnalité du pays. Mais en fouinant dans les archives, le patron de l’AFDC n’a jamais indexé son ancien chef. Il s’en prenait régulièrement aux caïmans de l’entourage de l’ancien locataire du Palais de la Nation. Que dire de Vital Kamerhe, ex-directeur de cabinet de Félix Tshisekedi et surtout ancien collaborateur direct de Joseph Kabila ? Ses distances avec l’ancien chef de l’État ont été lourdes de cicatrices. Il semblerait que le patron de l’UNC est un homme de grand cœur qui sait pardonner. Lui et son ex-patron Kabila auraient en commun leur capacité de traduire les conflits en opportunité politique.
 
 Reste que la communauté internationale qui a systématiquement matraqué Kabila change d’attitude vis-à-vis de son nationalisme et acceptent de coopérer avec cet ancien chef de l’État encore jeune.

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Richard Ntumba
OURAGAN

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