RDC : Les Attentes Brisées de l’Ère Tshisekedi

Un bilan en-deçà des attentes, c’est ainsi que l’on peut résumer l’arrivée de l’opposant Félix Tshisekedi à la tête de la République démocratique du Congo (RDC). Son accession au pouvoir, dans des circonstances contestées, avait suscité beaucoup d’espoir, car après 17 ans de règne sans partage de Joseph Kabila, le pays n’avait pas réussi à décoller économiquement et la vie quotidienne des Congolais ne s’était jamais améliorée. Félix Tshisekedi avait promis de s’attaquer au chômage, à la pauvreté, à la corruption, au manque d’infrastructures et à l’insécurité endémique à l’Est du pays. Plus de 4 ans se sont écoulés depuis, mais le bilan est maigre et la déception est palpable.

Un surplus de promesses non tenues

Selon un sondage réalisé par le Groupe d’étude sur le Congo (GEC), Ebuteli et le bureau d’études Berci (1), 57,16 % des Congolais interrogés estiment que « les choses vont dans la mauvaise direction ». Jacques Mukena, chercheur pour Ebuteli, souligne que « le quinquennat du chef de l’État a commencé avec des projets ambitieux promettant de changer le quotidien de la population en un temps record : projets de 100 jours, programmes d’assainissement, acquisition de nouveaux avions pour Congo Airways, etc. Aujourd’hui, la corruption, la mauvaise gestion, le manque de planification ou de volonté politique entravent la réalisation de ces promesses ».

Tshisekedi toujours soutenu dans les Kasaï

Dans un contexte pré-électoral tendu, où l’élection présidentielle est théoriquement prévue pour le 20 décembre, si la situation sécuritaire s’améliore à l’Est, la confiance envers le président Tshisekedi reste néanmoins forte dans son fief des Kasaï. Le taux de satisfaction est très élevé dans les régions de Kasaï (95,24 %), Kasaï-Oriental (86,34 %) et Lomami (70,16 %), contrairement aux provinces du Haut-Katanga (26,61 %), Haut-Lomami (13,10 %), Maniema (8,54 %), Bas-Uele (6,90 %) et Kwilu (0,86 %) où la satisfaction est beaucoup plus faible.

Des promesses qui n’ont pas changé grand-chose

L’étude d’opinion révèle également que les Congolais estiment qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour améliorer la situation du pays, à près de 58 %. « Pour la même question, 19,55 % des personnes interrogées estiment qu’une intervention divine est nécessaire », note le sondage. Malgré les multiples programmes de développement tels que le programme des 100 jours, le projet Tshilejelu, le programme des 145 territoires, 54,35 % des Congolais interrogés aff

irment que ces promesses « n’ont rien changé » et 27,45 % estiment que la situation « s’est empirée ».

L’IGF : une lueur d’espoir dans la lutte contre la corruption

« Selon les sondés, aucun service public ne donne satisfaction. » Seuls 39,23 % des personnes interrogées estiment que le secteur de l’enseignement « fonctionne bien ». Les taux de satisfaction les plus bas sont enregistrés en matière d’assainissement (2,75 %), de transport public (5,31 %) et de sécurité (9,53 %). Néanmoins, une institution trouve grâce aux yeux de la population : l’Inspection générale des finances (IGF). 55,50 % des Congolais estiment que l’IGF « est la seule institution qui s’investit dans la lutte contre la corruption ». Cependant, 55,75 % des personnes interrogées estiment que le niveau de corruption « n’a pas changé ces 6 derniers mois » et 21,39 % pensent que la situation s’est détériorée.

Une popularité en chute libre

Le gouvernement concentre la majeure partie de la déception des personnes interrogées, puisque 65,12 % des sondés se disent « insatisfaits du bilan du gouvernement Sama Lukonde ». Par conséquent, la cote de popularité du président Félix Tshisekedi continue de baisser depuis son arrivée au pouvoir début 2019. Le chef de l’État passe de 63 % d’opinions favorables en mars 2019 à 35,66 % en janvier 2023, son score le plus bas depuis son intronisation. L’inflation, la corruption endémique, la résurgence du conflit à l’Est avec le retour du M23, ainsi qu’une situation quotidienne qui ne s’améliore pas, expliquent ce faible taux de satisfaction. Reste à savoir quel impact ce mécontentement aura sur les prochaines élections. Les Congolais se montrent pragmatiques et réalistes. En effet, une majorité des personnes interrogées estiment que d’ici décembre 2023, « le chef de l’État ne réalisera pas ses promesses électorales de 2018 » et qu’il n’y aura donc pas de miracle.

En somme, le bilan de Félix Tshisekedi à la tête de la République démocratique du Congo est marqué par une déception généralisée et des attentes non réalisées. Malgré les promesses de changement et de progrès, le pays peine à décoller économiquement et la vie quotidienne des Congolais ne s’est guère améliorée. La corruption, la mauvaise gestion et le manque de volonté politique ont entravé la réalisation des projets ambitieux annoncés. La popularité du président Tshisekedi est en chute libre, et les Congolais expriment leur désenchantement face à un bilan jugé insatisfaisant. L’avenir politique du pays reste incertain, et les prochaines élections seront déterminantes pour le Congo.

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