Le secteur de Katoyi, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), a été le théâtre de violents affrontements ayant coûté la vie à au moins trois civils, dans la nuit de dimanche dernier. Les groupes armés PARECO et APCLS ont été impliqués dans ces combats meurtriers qui ont également entraîné l’incendie de maisons et le pillage des biens de la population.
Selon Télesphore Mitondeke, rapporteur de la société civile de Masisi, cette région est le théâtre d’un conflit de longue date entre les deux groupes armés rivaux. Alors que des missions de pacification ont été déployées sur le terrain, les recommandations pour le redéploiement urgent des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans la zone n’ont malheureusement pas été mises en œuvre, permettant aux belligérants de continuer à utiliser cette région comme champ de bataille.
Les groupes armés PARECO et APCLS sont des acteurs majeurs dans cette région, mais un nouveau groupe baptisé « Wazalendo », se présentant comme des patriotes, a également fait son apparition. Ce groupe aurait pour mission de soutenir les FARDC dans leur lutte contre l’agression présumée du Rwanda, camouflée derrière le M23. Ces alliances complexes ajoutent un degré supplémentaire de volatilité à la situation déjà explosive.
La société civile locale de Masisi s’inquiète également des conséquences humanitaires de ces affrontements récurrents. De nombreuses personnes ont été contraintes de fuir leurs villages pour trouver refuge dans des zones jugées plus sûres, entraînant ainsi un déplacement massif de populations. Cette situation précaire suscite des inquiétudes quant à la rentrée des classes prévue en septembre prochain, car l’accès à l’éducation pourrait être fortement perturbé pour les enfants déplacés.
Face à ces événements tragiques, l’armée n’a pas encore réagi publiquement. Les habitants de la région attendent avec impatience des actions concrètes de la part des autorités pour ramener la paix et la stabilité dans leur communauté.
Malgré les nombreux efforts de pacification déployés dans la région, la paix semble toujours insaisissable, et les habitants de Masisi continuent de subir les conséquences dévastatrices de ces conflits armés. Une solution durable et un engagement réel de toutes les parties prenantes sont indispensables pour mettre fin à cette spirale de violence et permettre enfin aux populations locales de vivre dans un environnement sécurisé et pacifique.