Par Manassé Kitemoko Kosi
La scène qui se déroule actuellement dans un hôpital a suscité de nombreuses interrogations et controverses au sein de la République démocratique du Congo. Salomon Kalonda, conseiller spécial de Moïse Katumbi Chapwe, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire inhabituelle alors qu’il est gravement affaibli par la maladie. Cette situation soulève des questions sur la nécessité de poursuivre un individu en si mauvaise santé et a donné lieu à un débat passionné entre l’accusation et la défense.
Les avocats de Salomon Kalonda, incriminé dans une affaire de collusion présumée avec des responsables rwandais et du M23, ont vivement réagi à la demande du ministère public de le juger sur son lit d’hôpital. Ils ont plaidé en faveur d’une remise de trois mois, afin de permettre une prise en charge médicale adéquate pour leur client. Cette démarche vise à garantir que la justice soit rendue de manière équitable, malgré les circonstances de santé du prévenu.
Il est important de noter que les cas d’inculpation sur le lieu d’hospitalisation des prévenus sont rares et sont généralement liés à des affaires impliquant des criminels et des terroristes. Cependant, la santé de Salomon Kalonda s’est considérablement détériorée ces dernières semaines, nécessitant son admission dans un centre de santé de Kinshasa. Les tentatives visant à obtenir son évacuation vers une institution sanitaire mieux équipée ont été infructueuses.
La Cour militaire de Kinshasa/Gombe siégeant à la prison militaire de Ndolo a récemment examiné un courrier du médecin responsable de la clinique où le prévenu est interné. Ce courrier met en évidence l’impossibilité d’extraire Salomon Kalonda de l’hôpital en raison du risque de complications graves liées à son état de santé. L’accusation a réagi en demandant que le jugement ait lieu sur son lit d’hôpital.
Selon les avocats de l’opposant Salomon Kalonda, près de 20 médecins requis pour la contre-expertise ont confirmé le premier rapport médical, établissant que le prévenu est gravement malade et nécessite des soins de santé appropriés. Ils ont plaidé en faveur d’une décision qui serait inhumaine. La Cour militaire rendra son verdict le 8 novembre prochain concernant cette demande.
L’attitude du ministère public suscite l’indignation parmi les proches de Salomon Kalonda et sa défense. Cette situation rappelle un précédent où l’actuel vice-gouverneur Udps de la ville de Kinshasa, Gecoco Mulumba, avait été jugé depuis sa chambre sous le régime de Joseph Kabila. Ces événements avaient suscité une grande clameur publique et terni l’image du pouvoir en place à l’époque.
Le 30 mai dernier, Salomon Kalonda avait été arrêté à l’aéroport de N’djili à Kinshasa. Le parquet militaire l’accuse de collusion avec des responsables rwandais et du M23, des accusations fermement rejetées par lui et ses proches.
Dans la ville de Kindu, des membres de la famille de Salomon Kalonda expriment leur exaspération face à la persécution dont il est victime. Ils appellent le gouvernement du président Tshisekedi à veiller sur sa situation et à le libérer, soulignant que la justice ne devrait pas s’acharner sur des ressortissants du Maniema. Le cas de Salomon Kalonda soulève des préoccupations à un moment où la campagne électorale pointe à l’horizon.
Par Manassé Kitemoko Kosi

