Par Manassé Kitemoko Kosi
Les dirigeants des pays membres de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) se sont réunis à Luanda, la capitale angolaise, lors d’un sommet extraordinaire qui s’est principalement concentré sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquée par le réveil du M23.
Le président congolais Félix Tshisekedi a pris part à cette réunion au cours de laquelle le sommet a défini « les orientations stratégiques du déploiement de la Force de la SADC à l’Est de la RDC dans le but de restaurer la paix et la sécurité dans le pays ». Kinshasa souhaite le retrait de la Force régionale de l’EAC d’ici le 8 décembre et son remplacement par celle de la SADC.
Les discussions de haut niveau à Luanda ont abordé des questions importantes, notamment le budget, les pays contributeurs et la date de déploiement des troupes. Cependant, il est essentiel de noter que l’option militaire n’exclut pas l’option politique et diplomatique. Les dirigeants de la SADC ont donc chargé le président angolais Joao Lourenço, actuellement à la tête de l’organisation, avec le soutien de la Troïka de l’organe, de « renforcer les efforts diplomatiques envers la République démocratique du Congo et la République du Rwanda afin d’aboutir à une paix durable. »
Depuis plus d’un an, Paul Kagame et Félix Tshisekedi semblent éviter de se rencontrer et échangent des critiques acerbes par médias et tribunes interposés.
La SADC a également exprimé sa préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et à la reprise signalée des attaques et de l’occupation du territoire par le M23. La RDC est désormais le pays comptant le plus grand nombre de déplacés internes, atteignant 6,9 millions, selon les Nations unies.
Ce sommet extraordinaire illustre la volonté de la SADC de résoudre la situation complexe dans l’Est de la RDC, combinant des approches militaires, diplomatiques et politiques pour parvenir à une paix durable. La région surveillera attentivement les développements à venir, espérant que le dialogue et la coopération régionale l’emporteront sur les tensions et les conflits.

