Par Manassé Kitemoko Kosi
Kinshasa, République Démocratique du Congo – Dans une démarche juridique significative, la famille de feu Chérubin Okende, l’ancien député national tragiquement assassiné le 13 juillet dernier à Kinshasa, a pris une décision audacieuse. Elle a déposé une plainte officielle contre Christian Ndaywel, le chef des renseignements militaires congolais, accusant ce dernier d’être impliqué dans ce meurtre odieux. C’est l’avocat belge Me Alexis Deswaef qui a révélé cette démarche devant la presse ce mardi.
L’accusation qui pèse sur Christian Ndaywel est grave, puisqu’il est soupçonné d’être à la fois l’auteur, le co-auteur, le complice, et le commanditaire d’un crime de grande ampleur commis à l’étranger. Me Alexis Deswaef a précisé que Christian Ndaywel détenait la nationalité belge depuis 2005, ce qui a justifié le dépôt de cette plainte auprès du juge d’instruction du tribunal de Bruxelles.
Ce geste marque un tournant dans l’affaire du meurtre de Chérubin Okende, dont le corps sans vie et criblé de balles avait été retrouvé dans une rue de Kinshasa, à bord de son véhicule, il y a quatre mois. La famille de la victime, tout comme de nombreux observateurs, s’impatiente face à ce qu’elle qualifie d' »inertie » des autorités congolaises dans l’enquête pour élucider les circonstances de ce meurtre.
Cette plainte repose en partie sur les révélations faites par le magazine Jeune Afrique dans un article publié le 31 octobre dernier. Cet article a révélé le contenu d’une note interne attribuée à l’Agence nationale des renseignements (ANR), mettant en cause les renseignements militaires dans l’assassinat de Chérubin Okende.
Il est à noter que la publication de cet article, qui n’était pas signé, a conduit à l’arrestation du correspondant de Jeune Afrique à Kinshasa, Stanis Bujakera, le 8 septembre dernier. Stanis Bujakera est actuellement détenu à la prison de Makala et fait face à des accusations, notamment de « propagation de faux bruits », « diffusion de fausses informations », et « fabrication d’un faux document ». Son procès est en cours devant le tribunal de grande instance de Kinshasa depuis le 13 octobre.
En réaction à ces allégations, les autorités congolaises avaient catégoriquement nié l’authenticité du document en question.
Cette plainte marque un développement significatif dans cette affaire complexe, ouvrant la voie à une enquête approfondie sur le meurtre de Chérubin Okende et les éventuelles implications des services de renseignement militaires. Le respect de la loi et des droits de l’homme dans cette affaire reste une préoccupation majeure, et la famille de la victime ainsi que les observateurs internationaux suivront de près les développements futurs de cette enquête.
Manassé Kitemoko Kosi est journaliste pour Bisonews.cd.

