Le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde affiche une détermination sans équivoque à renforcer la transparence dans tous les secteurs, érigeant cette initiative en priorité nationale. Lors de la cérémonie de lancement du projet d’amélioration du recouvrement des recettes et de la gestion des dépenses en République démocratique du Congo (RDC), le 16 novembre 2023, le Premier Ministre a également présenté le rapport national sur le climat et le développement (CCDR).
La RDC, un géant vert potentiel
Avec la moitié des forêts africaines, d’importantes réserves d’eau douce, et des gisements minéraux cruciaux pour la transition verte, la RDC aspire à devenir un acteur majeur de l’action climatique mondiale tout en stimulant sa propre résilience et une croissance durable à faible émission de carbone. Le dernier CCDR, émanant de la Banque mondiale, souligne la nécessité pour la RDC de renforcer ses institutions, de faire face aux conflits et à la fragilité croissante, tout en investissant substantiellement pour atteindre ses ambitieux objectifs climatiques.
Dans son allocution, le Premier Ministre a exprimé sa reconnaissance envers la Banque mondiale pour cet avertissement crucial, soulignant que l’inaction de la RDC pourrait accroître les risques. Il a déclaré : « La RDC est fondamentalement appelée à jouer un rôle essentiel dans la préservation du climat, notamment grâce à ses forêts du bassin du Congo, devenues le principal poumon de l’humanité en termes d’absorption de carbone. »
Un potentiel écologique et économique colossal
Les forêts du bassin du Congo, couvrant 268 millions d’hectares, dont 62% en RDC, stockent actuellement un minimum de 24 gigatonnes de carbone. Les tourbières ajoutent 30 gigatonnes de carbone, tandis que le potentiel hydro-électrique est estimé à 150 gigawatts. La RDC détient également d’importants gisements de métaux stratégiques tels que le cobalt, le lithium, le cuivre et le manganèse, la positionnant comme un acteur incontournable dans la transition énergétique mondiale.
Le Premier Ministre a souligné l’impératif de renforcer la gouvernance et la transparence pour protéger et gérer durablement ces ressources. « Notre priorité est de répondre au défi du changement climatique en favorisant une croissance à faible émission de carbone », a-t-il ajouté.
Le CCDR comme feuille de route stratégique
Saluant la qualité du rapport publié, le Premier Ministre a mis en lumière son rôle analytique dans l’évaluation des impacts du changement climatique sur l’économie congolaise. Le CCDR identifie des opportunités pour une croissance à faible émission de carbone, attirant des financements du secteur privé et des organisations de développement. Il définit également les priorités politiques et d’investissement pour stimuler l’adaptation et renforcer la résilience.
Le gouvernement congolais, résolument engagé dans la lutte contre le changement climatique, a déjà déployé des actions concrètes à travers son Programme national pour l’Adaptation (PANA). Cela inclut la surveillance des risques climatiques, des mesures d’atténuation, et la poursuite du programme REDD+.
Impacts économiques des forêts congolaises
La couverture forestière de la RDC, générant une valeur estimée entre 223 et 398 milliards de dollars par an, joue un rôle crucial dans les services écosystémiques mondiaux et nationaux. Ces chiffres soulignent l’importance économique des forêts congolaises pour atténuer les impacts des catastrophes et renforcer la résilience des communautés.
La cérémonie a réuni divers acteurs, dont le Ministre des Finances Nicolas Kazadi, le Ministre du Budget Aimé Boji, la Ministre du Plan, et l’envoyée spéciale du chef de l’État aux questions climatiques, Stéphanie Mbombo, ainsi que des représentants de la Banque mondiale. Ce rassemblement témoigne de l’engagement collectif en faveur de l’action climatique et de la préservation des richesses naturelles de la RDC.
par Mitterrand Mass, Journaliste économique

