Les tensions atteignent un nouveau sommet cette semaine dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) alors que les Forces armées congolaises (FARDC) sont engagées dans des combats acharnés contre la rébellion du M23 dans le territoire de Masisi. Le contrôle de la localité de Mashaki par le M23 jeudi dernier a ajouté une nouvelle dimension à un conflit déjà complexe.
Bintou Keita, cheffe de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), exprime sa préoccupation face à cette escalade et lance un appel pressant à la désescalade. Dans un communiqué, elle déclare : « Je suis préoccupée par l’intensification des combats dans l’est de la RDC. J’appelle toutes les parties au conflit à désamorcer les tensions et le M23 à cesser immédiatement les hostilités. La MONUSCO se tient aux côtés des FARDC et fera tout pour assurer la protection des civils. »
Les affrontements, qui durent depuis plusieurs jours, se déroulent à proximité de la ville de Sake, située à 26 km à l’ouest de Goma. Sake, déjà refuge de centaines de déplacés fuyant les zones de combat, se trouve désormais au cœur de l’attention. L’armée congolaise, déterminée à contenir l’avancée rebelle, se bat pour reprendre le contrôle des collines stratégiques que le M23 a occupées dans la région.
Le lieutenant-colonel Njike Kaiko Guillaume, porte-parole militaire dans la zone opérationnelle Sokola 2, explique la stratégie en cours : « Nous sommes en train de contenir l’ennemi dans les collines surplombant Mushaki, et nous mettons en place toutes les stratégies possibles pour traquer l’ennemi qui s’est infiltré à Mushaki. »
Le cessez-le-feu, en vigueur depuis plusieurs mois, a été violé en novembre dernier, mettant à mal les efforts de paix de Nairobi et de Luanda. Bien que l’accalmie relative observée mercredi dans les groupements de Kamuronza et de Bashali Mokoto offre un bref répit, la situation reste tendue.
Les combats ont impliqué les FARDC, soutenues par les groupes d’autodéfense appelés « Wazalendo », contre la coalition M23/RDF. Des sources militaires rapportent que les tirs aériens des FARDC, utilisant les avions de chasse Soukhoï 25, ont infligé d’énormes pertes à l’ennemi, récupérant armes, munitions et équipements abandonnés par les rebelles.
Manassé Kitemoko Kosi
Journaliste Bisonews.cd

