Les premières lueurs du jeudi 7 décembre 2023 ont été le prélude à des affrontements violents entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), soutenues par les groupes d’autodéfense « Wazalendo », et le M23 aux abords de Mushaki, dans le groupement Kamuronza, situé dans le territoire de Masisi, Nord-Kivu. Les informations de sources locales attestent que l’ennemi a réussi à prendre le contrôle des trois antennes de Mushaki, déployant ses forces avec l’intention manifeste de dominer cette localité stratégique.
Un habitant de Rutoboko, présent sur les lieux, relate : « Depuis 3 heures du matin, les rebelles du M23 attaquent les positions des FARDC. Actuellement, l’ennemi contrôle les antennes de Mushaki, et les combats perdurent. Les rebelles sont à quelques mètres du centre de Mushaki, incitant les habitants à se déplacer en masse. »
Olivier Mungwiko, porte-parole du parlement des jeunes de Sake, confirme la prise partielle de la cité stratégique de Mushaki par le M23. « Les bombardements ont débuté ce matin. Malgré la résistance de nos compatriotes et des FARDC, les rebelles ont réussi à occuper la région. Vers 10 heures, nos combattants ont cédé. Un habitant signale que le M23 contrôle déjà la région, avec deux bombes tombées à Mitumbala, à 4 km de Mushaki. »
En réponse à l’offensive, l’armée a fait usage de son aviation avant la prise complète de Mushaki par le M23. Le lieutenant-colonel Njike Kaiko Guillaume, porte-parole militaire, qualifie la situation d' »infiltration » du M23 à Mushaki. « Depuis hier soir jusqu’à aujourd’hui, les FARDC font face à l’ennemi M23/RDF qui a attaqué Mushaki sur différents axes. Nous contenons l’ennemi dans les collines surplombant Mushaki, mettant en place des stratégies pour traquer les infiltrés. Nous veillons à minimiser les dommages collatéraux du côté de notre population. »
Malgré une accalmie relative observée mercredi, après environ 48 heures de combats, les groupements de Kamuronza et de Bashali Mokoto, dans le territoire de Masisi, restent sous tension. Les sources militaires révèlent que les tirs aériens des FARDC mardi soir ont causé d’énormes pertes dans le camp ennemi, avec la récupération d’armes, munitions et autres effets de guerre sur les rebelles abandonnés.
Par Manassé Kitemoko Kosi

