Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a célébré ce jeudi 14 décembre une « victoire pour l’Ukraine, pour toute l’Europe, une victoire qui motive, inspire et rend plus fort ». Cette victoire diplomatique survient dans un contexte où le pays est confronté à une invasion russe. Cependant, bien que les 27 membres de l’Union européenne aient donné leur feu vert aux négociations d’adhésion, de nombreux obstacles subsistent avant que l’Ukraine ne rejoigne officiellement la communauté politique et économique.
Les étapes à franchir
Pour entamer le processus d’adhésion à l’Union européenne, l’Ukraine devait officiellement se porter candidate, une ambition nourrie depuis 2013. Suite à l’invasion russe de son territoire, le pays a déposé sa demande de candidature le 28 février 2022, rapidement reconnue le 23 juin de la même année.
Depuis lors, l’Ukraine s’est attelée à harmoniser ses lois avec celles de l’Union européenne, préparant le terrain pour la transposition du droit européen dans sa législation nationale. L’ouverture des négociations le mois dernier témoigne des progrès accomplis sur les plans économique, politique, diplomatique, et éthique.
Cependant, malgré cette avancée, un chemin ardu attend l’Ukraine, tout comme la Moldavie, qui entame également des négociations d’adhésion.
Les défis à relever
Les candidats à l’adhésion doivent démontrer, au cours des négociations avec les institutions européennes, que l’ensemble de leurs législations et marchés économiques peuvent s’intégrer harmonieusement à l’Union européenne. De plus, ils doivent respecter des valeurs démocratiques, garantir des institutions stables, et assurer l’État de droit.
Ces négociations, variables d’un pays à l’autre, peuvent s’étendre sur plusieurs années, comme en témoignent les intégrations passées de la Hongrie, de la Pologne, de la Roumanie, et de la Bulgarie, qui ont toutes duré plus d’une décennie.
L’ombre du conflit armé avec la Russie
Le principal obstacle pour l’Ukraine demeure le conflit armé avec la Russie. Tant que les hostilités perdurent, l’adhésion à l’Union européenne semble improbable. Les conditions nécessitant des « institutions stables » et un « marché économique solide » sont difficilement réalisables dans un contexte de guerre.
La lutte contre la corruption
Un autre enjeu crucial est la lutte contre la corruption, condition sine qua non pour une adhésion à l’Union européenne. Les élites politiques ukrainiennes, bien que progressant dans ce domaine, demeurent entachées par la corruption, accentuée en période de conflit. Classé au 116e rang sur 180 pays par l’ONG Transparency International, le pays doit redoubler d’efforts dans ce domaine.
Volodymyr Zelensky affiche une politique de « tolérance zéro » envers la corruption, notamment avec la nomination de son nouveau ministre de la Défense, Rustem Umerov, chargé de mener une lutte contre la corruption tout en faisant face à l’agression russe.
Les étapes à venir
Une fois tous ces défis relevés, les résultats des négociations seront intégrés dans un traité d’adhésion. Ce traité devra être approuvé par les dirigeants des États membres de l’Union européenne, puis voté par le Parlement européen. Enfin, il devra être ratifié par les organes exécutifs des pays membres, généralement leurs parlements respectifs. C’est à ce moment-là que l’Ukraine deviendra officiellement membre de l’Union européenne.
Manassé Kitemoko kosi

