La République Démocratique du Congo (RDC) est secouée par une affaire récente impliquant le pasteur Kas, connu pour ses prêches encourageant la polygamie. Une organisation non gouvernementale (ONG) des droits de l’homme, lors d’une interview exclusive accordée à 7SUR7.CD ce mardi 23 janvier 2024, a réclamé une peine de 20 ans de prison pour le pasteur en question.
José Godé Kayembe, président du conseil d’administration de cette ONG, a souligné l’importance d’une sanction exemplaire. Selon lui, cela servirait de dissuasion à d’autres individus tentés de commettre des actes similaires. Dans des propos mesurés, Kayembe a déclaré : « Monsieur Kas a défié l’État en violant la loi sur l’interdiction du mariage des mineurs. En agissant ainsi, il se croit tout-puissant, sans preuve que Dieu lui ait demandé d’épouser cette fille. Nous demandons une condamnation à 20 ans de prison, afin que cela serve de leçon aux autres pasteurs. »
La LIZADEEL, l’ONG en question, va plus loin en affirmant que le beau-père du pasteur Kas doit également répondre de ses actes devant la justice. Kayembe a ajouté : « Le père est complice, manipulé par des avocats pour faire croire que sa fille a 18 ans. La justice doit vérifier l’âge réel de cette jeune fille. Sinon, le père devra répondre de ses actes devant la justice. Il est accusé de complicité dans l’esclavage de sa propre fille. »
Les autorités judiciaires ont réagi à cette affaire après une instruction du procureur général près la Cour de cassation. Le pasteur Kas et Daniel Mabiala, père biologique de l’épouse supposée mineure, ont été appréhendés et déférés devant le parquet général de la Gombe.
Cette intervention de la justice fait suite à de vives dénonciations de plusieurs organisations de protection des droits des femmes. Les vidéos du mariage du pasteur Kas avec une jeune fille nommée Meda, sa 13e épouse à ce jour, ont suscité l’indignation du public. Le père biologique de la mariée a tenté d’apaiser la controverse en affirmant que c’était sa propre décision de donner sa fille en mariage au pasteur et que cette dernière est effectivement âgée de 18 ans.
Il est important de souligner que la loi congolaise interdit le mariage précoce et forcé des filles, passible d’une peine d’emprisonnement allant d’un à douze ans et d’une amende de 100 000 francs congolais.
La Rédaction

