GOMA, RDC – 21 janvier 2024 — La force de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SAMI-DRC) s’apprête à lancer une opération conjointe avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre les rebelles du M23, selon les informations divulguées par le secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, lors d’une réunion à Goma avec le général major Peter Chirimwami, gouverneur militaire du Nord-Kivu.
La présence récente de la SAMI-DRC dans la province du Nord-Kivu vise officiellement à établir formellement la mission de la SADC dans la région. Elias Magosi a expliqué que la mission était là pour mettre en œuvre les décisions prises lors du sommet de la SADC et pour assurer le succès de la mission sur le terrain.
« Nous sommes venus ici pour formellement établir la mission de la SADC en RDC, communément appelée SAMI-DRC. Le sommet a décidé que cette mission soit mise en place et nous sommes ici pour établir celle-ci. Nous sommes venus pour nous rencontrer avec le leadership de cette mission et chercher à savoir comment est-ce que la SAMI-DRC travaille côte-à-côte avec le gouvernement de la RDC », a déclaré Elias Magosi.
La visite a pour objectif de se familiariser avec la situation sur le terrain et de déterminer comment la SADC peut contribuer au succès de la mission. L’accord portant statut de la Force de la SADC a été signé le 17 novembre, avec un engagement ferme du gouvernement congolais à soutenir cette force régionale dans le cadre de la sécurité collective et du pacte de défense mutuelle de la SADC.
Christophe Lutundula, ministre des Affaires étrangères, a souligné l’importance de cette initiative pour soutenir l’armée congolaise dans la lutte contre le M23 et d’autres groupes armés perturbant la paix et la stabilité dans la région.
Cependant, pour la société civile du Nord-Kivu, la réussite de cette mission dépendra du soutien total de la population. Etienne Kambale, team leader de la thématique bonne gouvernance de la société civile du Nord-Kivu, a averti que sans l’implication active des civils, la mission risque d’échouer, soulignant les précédents échecs de missions similaires.
« Nous pensons que si nous nous approprions cette lutte, nous population, comme lors des opérations des FARDC contre le M23, les civils ont appuyé nos forces et on est arrivé à trouver une solution militaire contre le M23 à l’époque. Si cela n’est pas fait, nous risquons de ne pas avoir un bon résultat sur les lignes des fronts et la SADC risque d’échouer, comme la MONUSCO a échoué, comme l’EAC a échoué. Et nous risquons de chuter sur la balkanisation de notre pays. Faisons attention avec cette guerre. Il faut qu’il y ait un programme précis du gouvernement qui accompagne cette mission. La diplomatie a toujours accompagné ceux-là qui ont des victoires sur les lignes des fronts militaires« , a déclaré Etienne Kambale.
Sur le terrain, une accalmie relative est observée après de nouveaux affrontements entre les jeunes patriotes « Wazalendo », les FARDC, et les rebelles du M23. Des incidents ont été signalés dans la région de Kanyamahoro, dans le territoire de Nyiragongo, et près de Mweso, dans le territoire de Masisi. Une bombe tombée dans la cité de Mweso a causé la mort d’un enfant, avec des dégâts matériels importants signalés, selon des sources de la société civile locale.
La Rédaction

