Gety Centre, Ituri – Nicolas Adiumi Kayembe, journaliste émérite de la radiotélévision Maendeleo, se trouve actuellement derrière les barreaux de la police nationale à la suite d’une arrestation des plus controversées. Cette situation a émergé dans la chefferie des « Walendu Bindi » en province de l’Ituri, laissant planer des doutes sur les limites entre la liberté de la presse et l’autorité coutumière.
Le 31 janvier 2024, en se dirigeant vers sa station radio pour le journal du soir, Kayembe a été appréhendé par des agents de police, agissant sans documents officiels mais se réclamant de l’autorité du chef coutumier, Fidel Bangajuma.
L’arrestation fait suite à une interview menée par le journaliste avec Olivier Peke Kaliaki, le chef sortant de la chefferie des Walendu Bindi et candidat malheureux aux dernières élections législatives. Kaliaki prétend toujours détenir son poste de chef, arguant n’avoir jamais effectué de transition officielle avec le nouveau chef, Fidel Bangajuma.
Après une nuit derrière les barreaux, Kayembe a été soumis à un interrogatoire approfondi concernant cette interview. Malgré les sollicitations, Fidel Bangajuma a refusé tout commentaire sur son rôle dans cette affaire.
L’organisation « Journaliste en danger » (JED) a vivement condamné l’arrestation arbitraire de Kayembe, soulignant qu’aucun délit n’avait été commis dans l’exercice de ses fonctions journalistiques. JED demande la libération immédiate et inconditionnelle du journaliste, mettant en lumière les atteintes potentielles à la liberté de la presse.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur les relations entre la sphère médiatique et les autorités coutumières. Les défenseurs des droits de l’homme s’inquiètent des possibles entraves à la liberté d’informer dans un contexte où les journalistes risquent d’être pris entre les jeux politiques et les dynamiques locales.
La Rédaction

