MASISI, RDC – Des combats ont repris dans la région de Masisi ce mercredi 7 février, suscitant de vives inquiétudes alors que la coalition des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et Wazalendo se heurte au Mouvement du 23 Mars/Rassemblement des Forces Démocratiques (M23/RDF). Les affrontements se concentrent sur les collines dominant la cité stratégique de Sake, située à 27 km à l’ouest de Goma, dans la province du Nord-Kivu.
Des témoins rapportent des détonations provenant d’armes lourdes et légères au cœur même de Sake. Deux engins explosifs largués par le M23 ont atterri dans la cité, sans faire de victimes selon les premières informations. Cependant, le président de la société civile du groupement Kamuronza, Mwisha Busanga Léopold, mentionne un bilan provisoire de deux civils blessés par balles, dont un enfant, provoquant une panique généralisée et un exode massif des habitants de Sake vers Goma.
« En tout cas, il y a une panique généralisée dans Sake. Les rebelles du M23/RDF ont lancé des affrontements sur presque toutes les collines surplombant la cité. […] Les armes légères résonnent en plein cœur de Sake, et l’ennemi n’est qu’à quelques kilomètres de la cité. La situation est vraiment compliquée », déclare Mwisha Busanga Léopold, président de la société civile du groupement Kamuronza.
Selon lui, la prise de Shasha par le M23 sur la route nationale RN2 a coupé la principale voie d’approvisionnement de Goma en vivres et autres produits, ce qui pourrait avoir des conséquences graves sur la ville.
« Sake et Goma sont deux entités déjà cloisonnées, et moi je me disais comment les autorités tardent à prendre les choses en mains pour que cette situation change. Malheureusement, voilà l’ennemi est à la porte de Sake. C’est vraiment compliqué », ajoute-t-il.
La ville de Goma elle-même est maintenant en danger, alerte Mwisha Busanga Léopold, et les autorités doivent agir rapidement pour éviter des conséquences sécuritaires et économiques sévères.
Dans une autre attaque, une bombe est tombée à Mugunga, un quartier de Goma, sans faire de victimes. Cependant, les conséquences potentielles pour la ville sont préoccupantes.
« Goma est encerclée, étouffée. Goma reste avec la voie aérienne et lacustre. Mais le problème est que le lac Kivu, que nous partageons avec le Rwanda, nous agresse. Il faut un dispositif maritime qui doit être déjà mis en place par l’armée congolaise », souligne l’économiste Johnson Ishara de Goma.
Ishara exprime également son inquiétude quant à l’absence de plan de contingence pour accueillir les déplacés, soulignant le besoin d’une coordination stricte pour assurer la sécurité de Goma.
La coalition FARDC-Wazalendo a tenté de déloger le M23 de Shasha pour rétablir l’approvisionnement crucial de Goma. Cependant, l’économiste Johnson Ishara appelle à une action plus ferme.
« Il est très important en ce moment que la nation toute entière se lève comme un seul homme », insiste-t-il.
Lors d’un briefing de presse à Kinshasa, le porte-parole de l’armée, le général Sylvain Ekenge, et le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ont assuré que les autorités étaient déterminées à mettre fin à cette guerre d’agression rwandaise contre la RDC.
La Rédaction

