Kinshasa, le 7 février 2024 – Fred Bauma, directeur exécutif de l’institut congolais de recherche Ebuteli, a révélé aujourd’hui des détails troublants sur les violences physiques et les traitements dégradants qu’il aurait subis lors de sa récente détention par l’Agence nationale de renseignement (ANR) de la République démocratique du Congo (RDC).
Bauma, aux côtés de Bienvenu Matumo, a été libéré des geôles de l’ANR le lundi 5 février après trois jours de détention au secret. Les deux hommes avaient été appréhendés lors d’un rassemblement pacifique le samedi 3 février, marquant leur solidarité avec les habitants du Nord-Kivu, impactés par l’occupation prolongée de la cité de Bunagana par le M23, avec des allégations de soutien du Rwanda.
Dans son témoignage, Bauma a décrit un traitement dégradant, allant jusqu’à être contraint de se déshabiller dans le bureau d’un directeur de l’ANR. Il a été menotté et a subi des violences physiques. De plus, il a rapporté des menaces de mort explicites et a été transporté dénudé vers un autre lieu de détention.
L’institut Ebuteli a vivement condamné ces agissements, soulignant que Bauma s’est vu refuser tout accès à son avocat et à sa famille. L’organisation a regretté que de telles brutalités aient été infligées à Bauma, constituant une violation flagrante des droits fondamentaux protégés par la Constitution congolaise et les conventions internationales.
L’arrestation de Bauma et d’autres militants pro-démocratie, dont des membres du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), fait suite à une manifestation devant le palais du peuple dénonçant les 600 jours d’occupation de Bunagana par le M23. Bien que tous aient été libérés après deux nuits de détention, cinq de leurs camarades avaient déjà été relâchés antérieurement.
Les allégations selon lesquelles Bauma aurait participé à une réunion politique visant à déstabiliser le pays ont été catégoriquement rejetées par l’institut Ebuteli.
La Rédaction

