La région orientale de la République Démocratique du Congo (RDC) demeure un foyer d’insécurité, marqué par des décennies d’activités conflictuelles impliquant des groupes armés locaux et étrangers. Ces troubles ont atteint un pic ces derniers mois avec le regain de violence entre le M23, appuyé par l’armée rwandaise, et les forces congolaises dans la province du Nord-Kivu.
Malgré la complexité de la situation, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, exprime un optimisme mesuré quant à l’issue de ce conflit, tout en mettant en lumière les dynamiques régionales. Selon lui, l’acharnement de Kigali dans cette guerre est le reflet de la montée en puissance de la RDC sur la scène internationale, une analyse que Muyaya partage lors d’un briefing conjoint avec son homologue de l’intérieur, de la sécurité et des Affaires Coutumières, Peter Kazadi, le mardi 13 février 2024.
« Il n’y a pas de fatalité dans l’histoire des nations, » déclare Muyaya, soulignant des échanges récents avec un général français au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense. Il fait référence à des moments clés de l’histoire où la force militaire d’une nation peut susciter l’admiration. Pour lui, la détermination actuelle de la RDC à résister à l’ingérence étrangère et à défendre ses ressources marque un tournant significatif.
Selon Muyaya, le président rwandais Paul Kagame maintient ce conflit pour préserver la survie de son régime face à l’émergence de la RDC. « Le fait que nous soyons déterminés à ne plus le laisser faire ce qu’il faisait depuis 25 ou 30 ans est ce qui a conduit à ce conflit au niveau actuel,« insiste-t-il.
Concernant la stratégie adoptée par le président congolais, Félix Tshisekedi, Muyaya évoque une mobilisation sans précédent des forces armées et de la jeunesse congolaise. Il souligne que la montée en puissance des Forces Armées et le nombre croissant de jeunes rejoignant la police ou l’armée renforcent la position de la RDC. Toutefois, il évite de sous-estimer l’adversaire, restant prudent quant à l’issue du conflit.
« Dans la durée, je ne vois pas comment le Rwanda pourrait gagner cette guerre,« prévient Muyaya, soulignant que la population congolaise est résolue à défendre son territoire et à mettre fin à l’exploitation de ses ressources. Il met en avant la nécessité de restaurer la sécurité tant territoriale que minérale, après des années de pillage.
Les relations diplomatiques tendues entre Kinshasa et Kigali, exacerbées par des allégations d’ingérence dans les affaires internes de la RDC, ont conduit à cette escalade de violence. La RDC accuse le Rwanda et le M23 de chercher à s’approprier les richesses minières de l’Est congolais, tandis que le M23 revendique la défense d’une population vulnérable, appelant à des négociations que Kinshasa refuse.
Actuellement, les affrontements se concentrent autour de Sake, à l’ouest de Goma, point stratégique dans cette lutte territoriale.
La Rédaction

