Kinshasa, le 19 février 2024 – Les États-Unis ont exprimé leur ferme condamnation face à la récente escalade de violence dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), attribuée aux agissements du groupe armé M23. Le M23, soutenu par le Rwanda, est actuellement sous sanctions de la part des États-Unis et de l’ONU. Les récentes incursions du groupe à Sake ont suscité une réaction forte de la part du Département d’État américain.
Matthew Miller, porte-parole du Département d’État américain, a déclaré de manière catégorique : « Nous appelons le M23 à cesser immédiatement les hostilités et à se retirer de ses positions actuelles autour de Sake et Goma, conformément aux processus de Luanda et de Nairobi. Les États-Unis condamnent le soutien du Rwanda au groupe armé M23 et appellent le Rwanda à retirer immédiatement tout le personnel des Forces de défense rwandaises de la RDC et à retirer ses systèmes de missiles sol-air, qui menacent la vie des civils, des Casques bleus et d’autres acteurs humanitaires et des vols commerciaux dans l’est de la RDC« .
La situation sur le terrain s’est envenimée avec une attaque au drone signalée par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) à l’aéroport de Goma (Nord-Kivu) tôt le samedi 17 février vers 2 h 00 du matin. Le lieutenant-colonel Guillaume Ndjike, porte-parole de l’armée dans la région, a déclaré : « Dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 février à 2 heures du matin heures locales, les drones d’attaques de l’armée rwandaise qui ont quitté évidemment le territoire rwandais ont violé les limites territoriales de la République démocratique du Congo et ont visé les aéronefs des Forces armées de la République démocratique du Congo. Cependant, nous vous informons que les aéronefs des FARDC n’ont pas été touchés mais ce sont plutôt les avions civils qui ont été non seulement touchés, mais aussi endommagés« .
Face à cette escalade, le président angolais João Lourenço a pris l’initiative d’offrir un dialogue direct entre les présidents du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Cette proposition a été avancée lors de la trente-septième conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba.
La Rédaction souligne également l’appel des États-Unis au gouvernement congolais pour une gestion plus responsable de la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). « Nous exhortons le gouvernement de la RDC à continuer de soutenir des mesures de renforcement de la confiance, y compris en cessant de coopérer avec les FDLR, un groupe armé désigné comme une ‘force négative’ par les organes régionaux et le gouvernement de la RDC, et qui expose la population civile à des risques. Nous continuons à soutenir les efforts diplomatiques régionaux qui favorisent la désescalade et créent les conditions d’une paix durable en RDC, et nous appelons toutes les parties à participer de manière constructive à la recherche d’une solution négociée« .

