Dans un élan de solidarité envers les populations les plus touchées par les conflits, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a posé un geste significatif en faveur de l’éducation. Face aux difficultés rencontrées par les habitants des zones sous état de siège, notamment au Nord-Kivu, une réflexion est en cours pour ajuster les frais d’inscription à l’examen d’État de 2024. Cette mesure vise à alléger la charge financière pesant sur les épaules des familles affectées, dans un contexte où l’accès à l’éducation est rendu périlleux par les troubles sécuritaires.
Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a mis en avant cette initiative lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. Soulignant l’impact de la crise sur les parcours scolaires, le gouvernement a mandaté Nicolas Kazadi, ministre des Finances, et Tony Mwaba, responsable de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), pour étudier les modalités de cette révision.
Cette annonce intervient alors que les coûts actuels de participation à l’examen d’État, fixés à 130 000 francs congolais (environ 50 USD), ont suscité de vives réactions au sein de la communauté éducative du Nord-Kivu. La hausse récente de ces frais, décidée par le général major Peter Chirimwami, gouverneur militaire ad intérim, ajoute une contrainte supplémentaire pour les familles déjà éprouvées par les conflits et les déplacements forcés.
« Alléger ces frais constituerait une bouffée d’oxygène pour les familles en guerre et assurerait la continuité pédagogique des jeunes élèves, » a affirmé Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, marquant ainsi l’engagement de l’État à soutenir l’éducation malgré les circonstances adverses.
L’augmentation des frais d’inscription est perçue par beaucoup comme un obstacle supplémentaire à l’éducation, dans une région déjà confrontée à de multiples défis. Prisca Luanda, conseillère principale du gouverneur militaire en charge de l’éducation, a évoqué les raisons économiques derrière cette hausse, notamment la fluctuation du taux de change et les surcoûts liés à l’organisation des examens en temps de crise. Cependant, cette justification peine à convaincre les familles concernées, qui y voient un frein de plus à l’accès à l’éducation de leurs enfants.
Des acteurs de la société civile, à l’image du Dr Denis Mukwege, se sont par le passé mobilisés pour soutenir les élèves en difficulté, illustrant l’importance de la solidarité communautaire. Avec l’approche des échéances scolaires, l’attention se porte désormais sur les décisions gouvernementales, attendues avec espoir par ceux qui voient dans l’éducation un droit fondamental, même en temps de guerre.
Le calendrier scolaire, maintenu tel quel avec les épreuves hors-session en mai et la session ordinaire en juin, met en lumière l’urgence d’agir pour garantir une éducation accessible et équitable, en particulier pour les élèves vivant dans les zones les plus vulnérables.
La Rédaction

