Dans une spirale de violence qui a secoué la localité de Birava, située dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, un affrontement entre des civils et des forces de l’ordre a abouti à un bilan sombre ce dimanche après-midi du 3 mars 2024. La source de cette tragédie ? Une dispute financière entre un motard et son employeur, un militaire, concernant la remise incomplète de la recette journalière.
Des témoins oculaires rapportent qu’une tension palpable s’est installée lorsque le conducteur de taxi-moto a remis seulement une partie du montant convenu à son employeur. « La dispute a éclaté suite à ce versement partiel, engendrant une série de conséquences désastreuses, » explique le président Beshop Raha Lukas de la société civile Lugendo. L’escalade de la situation a atteint son paroxysme lorsque le militaire, dans un geste de colère, a déclenché une grenade au sein d’un groupe de civils rassemblés, faisant état d’un mort et de multiples blessés.
L’incident a rapidement dégénéré en un acte de justice populaire lorsque la foule en colère s’est retournée contre le militaire responsable, le conduisant à une issue fatale. « Suite à l’explosion provoquée par un membre des FARDC, la communauté a réagi avec une violence inouïe, entraînant la mort du militaire et d’un civil, tandis que 28 autres personnes ont été blessées, » rapporte Kerhwishi Birindwa Jean de Dieu, représentant de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile de Birava.
Le deuxième décès rapporté est celui d’un enseignant, identifié sous le nom de Bulonza Kaforogo, ajoutant une couche de tragédie à cet événement déjà sombre. Face à cette situation alarmante, les organisations de la société civile appellent à une intervention urgente du gouvernement congolais pour non seulement prendre en charge les victimes mais aussi pour instaurer des mesures préventives afin d’éviter que de telles violences ne se reproduisent.
Ce drame souligne l’urgence de rétablir la paix et la sécurité dans la région, tout en mettant en lumière la nécessité de renforcer le dialogue et le respect mutuel entre les forces de l’ordre et les communautés qu’elles sont censées protéger. La tension à Kabare est un rappel cruel que la violence ne résout rien et ne fait que semer davantage de désolation et de douleur au sein des communautés déjà éprouvées.
La région du Sud-Kivu, et plus largement la République Démocratique du Congo, se trouve à un carrefour où la paix doit être privilégiée à tout prix, en veillant à ce que les différends, quels qu’ils soient, soient résolus par le dialogue et la compréhension mutuelle, loin des actes de violence qui ne font qu’aggraver les souffrances des populations.
La rédaction

