Goma, ville de l’est de la République Démocratique du Congo, a été le théâtre d’événements tragiques ce mardi 5 mars, exacerbant le climat d’insécurité qui y prévaut. Dès l’aube, le quartier Lac Vert, situé à l’ouest de Goma, s’est embrasé suite à des manifestations spontanées de déplacés venus de Sake, dans le territoire de Masisi. Ces derniers exprimaient leur colère après le meurtre, survenu la veille au soir, d’un jeune garçon parmi eux, tué par un homme armé.
D’après Dedesi Mitima, chef du quartier Lac Vert, l’incident tragique s’est produit vers 22h. Un homme en uniforme aurait ouvert le feu sur la victime près d’un nouveau camp de déplacés, nommé CBCA, exacerbant une situation déjà tendue. En réaction, les déplacés, profondément affectés, ont érigé des barricades, perturbant significativement la circulation sur l’axe routier majeur Goma-Sake.
« La surmilitarisation de notre communauté est un problème récurrent qui nécessite une intervention urgente des autorités à différents niveaux. La violence que nous avons constatée cette nuit n’est qu’un exemple des nombreuses injustices auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement », a confié Mitima à notre rédaction.
Durant les manifestations, des sources locales ont rapporté qu’un individu, identifié comme le responsable du meurtre, a été capturé par des manifestants. Dans un accès de rage collective, il aurait été lapidé puis brûlé vif, un acte extrême qui souligne l’intensité de la colère et du désespoir des déplacés.
Les autorités sécuritaires ont été dépêchées sur les lieux pour rétablir l’ordre et rouvrir les voies de circulation, tout en appelant à la retenue et au calme. La situation sécuritaire à Goma et dans ses environs immédiats reste préoccupante, avec des rapports faisant état d’une augmentation des violences, incluant tueries, vols, et viols, exacerbées par la circulation des armes à feu et la présence accrue de personnes déplacées fuyant les conflits dans la région.
En réponse à ces tensions croissantes, le général major Peter Chirimwami, gouverneur militaire du Nord-Kivu, a récemment visité plusieurs camps de déplacés. Il a fermement interdit la circulation d’armes dans ces zones, suite à des incidents mortels survenus lors de distributions d’aides. Ces mesures, bien que nécessaires, ne sauraient à elles seules résoudre les profondes racines du conflit et de l’insécurité qui plongent des milliers de personnes dans le désarroi.
Ces événements rappellent l’urgence d’une action concertée pour restaurer la paix et la sécurité dans la région, tout en s’attaquant aux causes profondes de la violence et du déplacement forcé.
Par La Rédaction

