En réponse à la crise humanitaire qui sévit dans la province du Nord-Kivu, une délégation gouvernementale, emmenée par le ministre des Affaires sociales et des Actions humaines, Modeste Mutinga, et incluant Maître Jacquemain Shabani, conseiller principal du chef de l’État en charge des questions politiques et du processus électoral, a posé ses valises à Goma depuis le 3 mars. Cette visite a pour but principal d’évaluer et de répondre aux besoins urgents des déplacés de guerre, victimes des récents conflits armés dans la région.
Le gouvernement, conscient de la gravité de la situation, s’est fixé comme objectif d’apporter une aide tant alimentaire que non alimentaire à plus de 46 000 ménages affectés. Maître Jacquemain Shabani, dans une déclaration à notre rédaction, souligne l’ampleur de cette mission humanitaire : « Notre démarche s’inscrit dans une volonté de soutien inconditionnel à nos concitoyens contraints à l’exode par les violences. Après des réunions techniques approfondies, nous avons pu dresser un état des lieux précis de leurs besoins urgents. »
« Il s’agit d’une mission humanitaire au cours de laquelle nous avons d’abord tenu des réunions techniques pour constater et recueillir tous les éléments nécessaires sur la situation vécue dans les différents camps de déplacés. Notre objectif est d’atteindre 46 151 ménages en leur fournissant une assistance alimentaire et non alimentaire », a précisé Jacquemain Shabani à notre équipe.
Le gouvernement réaffirme son engagement à soutenir les populations déplacées « aussi longtemps que nécessaire », tout en reconnaissant les efforts déjà déployés par diverses organisations non gouvernementales spécialisées dans l’assistance humanitaire. Toutefois, l’accent est mis sur la responsabilité étatique d’assurer la sécurité et le bien-être de ses citoyens en temps de crise.
Cette initiative gouvernementale intervient dans un contexte où l’est du pays, et particulièrement le Nord-Kivu, est plongé dans une instabilité sécuritaire marquée par des affrontements violents. Les combats entre les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23, exacerbés depuis novembre 2023, ont provoqué des vagues de déplacement massives et une détérioration alarmante des conditions de vie des populations locales.
Les témoignages recueillis dans les zones de conflit et les rapports d’organisations internationales soulignent l’urgence de la situation, avec une escalade de violence touchant principalement les civils. L’usage d’armes lourdes dans des zones densément peuplées a entraîné des pertes humaines considérables et la destruction d’infrastructures vitales, amplifiant ainsi le besoin d’intervention rapide et efficace pour soulager les souffrances des déplacés.
Face à cette urgence, la mobilisation du gouvernement et la solidarité internationale sont plus que jamais nécessaires pour apporter une réponse adéquate aux besoins immédiats des populations touchées, tout en œuvrant pour une résolution durable du conflit dans la région.
La Rédaction

