Face à une conjoncture régionale tendue, la République Démocratique du Congo (RDC) a pris la décision de marquer un pas de côté dans les célébrations habituelles de la Journée internationale de la Francophonie prévue le 20 mars 2024. Cette résolution, loin d’être anodine, survient dans un contexte de tensions exacerbées avec le Rwanda, accusé d’ingérences et d’agressions sur le sol congolais. En lieu et place des festivités, le gouvernement congolais, par la voix de son Délégué Général à la Francophonie, M. MABIALA Ma-Umba, a exprimé le souhait de se concentrer sur des réflexions plus profondes et critiques quant à la place et au rôle de la RDC au sein de la Francophonie.
Cette journée, placée sous le thème « créer innover entreprendre en français », aurait dû être un moment de célébration. Toutefois, le Délégué Général souligne que « le cœur n’est pas à la fête » en raison des répercussions douloureuses des conflits dans l’est du pays. Il appelle à une introspection sur la Francophonie en tant qu’instrument stratégique pour la RDC, espace de concertation politique, et vecteur de solidarité internationale.
Des émissions spéciales, diffusées par la RTNC sous le titre « La Francophonie que nous voulons », remplaceront les célébrations habituelles. Ces programmes viseront à discuter des avantages de l’appartenance à la Francophonie et des démarches à adopter pour renforcer la stature de la RDC dans cet espace linguistique et culturel.
En outre, la RDC entretient une relation complexe avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), marquée par des critiques envers l’attitude de sa Secrétaire générale, accusée de favoritisme envers le Rwanda. Cette situation tendue reflète les défis auxquels la RDC doit faire face, non seulement sur le plan sécuritaire mais aussi dans ses interactions diplomatiques au sein de la Francophonie.
Éditorial rédigé par l’équipe éditoriale

