Dans une révélation qui soulève des questions sur la gestion financière en République Démocratique du Congo (RDC), le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a mis en lumière une contre-performance budgétaire notable pour l’année 2023. Selon le CREFDL, le gouvernement n’a réussi à mobiliser que 9,8 milliards USD des 14,8 milliards USD anticipés, marquant ainsi un déficit de 5 milliards USD en recettes. Cette situation a conduit à un déficit budgétaire de 1,2 milliard USD, un fait sans précédent depuis 2011.
L’explosion des dépenses exceptionnelles a été particulièrement critiquée par le CREFDL, qui a relevé des dépenses atteignant les 2,4 milliards USD, bien au-delà des 601,7 millions USD prévus. Ces dépenses, justifiées par le financement des élections, de l’armée et des besoins humanitaires, sont jugées inappropriées par le centre de recherche, notamment en ce qui concerne les élections, censées être budgétisées comme des dépenses régulières conformément à la Constitution.
Le rapport souligne également une dépréciation significative du Franc Congolais et une instabilité du taux de change, exacerbant les difficultés économiques du pays. Face à cette gestion jugée défaillante, le CREFDL n’hésite pas à pointer du doigt les responsables des régies financières, évoquant des sanctions possibles en vertu de la loi relative aux finances publiques.
Pour redresser la barre, le CREFDL appelle à une rationalisation des dépenses publiques et à une meilleure mobilisation des recettes. Le gouvernement est exhorté à recouvrer les recettes non réalisées de 2023 et à éviter les estimations optimistes qui pourraient fausser la représentation de la situation financière réelle du pays. De son côté, la Cour des comptes est invitée à procéder à un audit complet des recettes réalisées en 2023, une mesure vue comme essentielle pour restaurer la confiance dans la gestion financière de la RDC.
La situation actuelle projette une ombre sur les finances publiques de 2024, avec des recettes et des dépenses qui, dès le début de l’année, semblent peiner à atteindre les prévisions optimistes du gouvernement. Ce contexte financier tendu appelle à des actions concrètes et à une gestion plus rigoureuse pour éviter une répétition de la contre-performance budgétaire observée.
Par l’équipe éditoriale

