La prison de Makala, un établissement pénitentiaire historique construit en 1957 pour accueillir jusqu’à 1 500 individus, se trouve aujourd’hui dans une situation alarmante, avec une population carcérale dépassant largement sa capacité initiale, comptant près de 15 000 détenus. Dans un geste sans précédent, le premier président de la Cour de cassation a annoncé une série de mesures visant à désengorger cet établissement, offrant ainsi un rayon d’espoir à ceux qui sont emprisonnés de manière injuste.
Lors d’une intervention remarquée, le premier président a appelé à une mobilisation générale des acteurs judiciaires pour identifier et libérer les détenus dont la détention est irrégulière. Conscient des défis auxquels sont confrontés les tribunaux et les autorités judiciaires, il a souligné la nécessité de confronter les données documentées dans les registres des dossiers avec la réalité du terrain, insistant sur la responsabilité des chefs de juridiction et des greffiers dans cette tâche ardue.
« Les ONG des droits de l’homme mettent en avant tous les cas d’irrégularité et critiquent les magistrats. Tous les détenus ne sont pas en prison uniquement à cause des magistrats. Ce que je sais, c’est que la situation documentée dans les registres des dossiers des tribunaux n’est pas toujours conforme à la réalité de la population carcérale« , a-t-il souligné.
Cependant, la libération des détenus injustement incarcérés n’est pas la seule mesure envisagée. Le premier président a également évoqué la possibilité de transférer certains détenus vers d’autres établissements pénitentiaires du pays, dans le but de réorganiser la population carcérale de manière plus équitable.
« C’est pourquoi tous les chefs de juridiction, les greffiers sont ici pour vérifier au cas par cas et libérer ceux qui sont injustement détenus, et envoyer ceux qui ont été condamnés purger leur peine dans d’autres prisons« , a-t-il expliqué.
Ce geste intervient dans un contexte où la surpopulation carcérale atteint des niveaux critiques, avec un nombre élevé de détenus en attente de jugement par rapport aux condamnés. La réforme annoncée vise donc à remédier à cette situation préoccupante et à réaffirmer les principes fondamentaux de la justice.
Par ailleurs, le premier président de la Cour de cassation a évoqué le cas poignant d’un détenu resté en prison pendant 21 ans sans jugement, suscitant l’émoi et l’indignation. Engagé à enquêter sur ce cas, il a souligné l’importance de comprendre les raisons derrière une détention prolongée sans procès, affirmant que chaque dossier serait examiné avec rigueur.
« Cette présence d’un prisonnier qui a totalisé 21 ans de détention sans jugement m’a alerté. Je suis venu le voir et lui parler. S’il a des conseils à donner et que je vérifie à quelle juridiction il relève. Pourquoi est-il là depuis 21 ans et pourquoi n’a-t-il jamais demandé à être jugé ? Parler c’est bien, mais il faut vérifier. Je veux savoir pourquoi il est détenu depuis 21 ans. Je vais suivre son dossier pour voir où il en est et une réponse sera donnée une fois que tout aura été vérifié« , a-t-il assuré.
Cette initiative fait suite aux instructions données lors du dernier conseil des ministres à la ministre d’État de la Justice, Rose Mutombo, par le président de la République, soulignant l’importance d’une collaboration étroite avec le Conseil Supérieur de la Magistrature pour garantir le respect des droits des magistrats et des délais d’instruction des dossiers.
En conclusion, cette série de mesures représente une lueur d’espoir pour ceux qui sont injustement privés de liberté en République Démocratique du Congo, tout en soulignant la nécessité d’une réforme profonde du système judiciaire afin d’assurer une justice équitable pour tous.
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