Au cœur des débats sur la gestion des fonds publics en République Démocratique du Congo, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, fait face à des accusations de surfacturation dans le cadre d’un vaste projet d’infrastructure. Pendant un briefing récent, il a fermement rejeté ces allégations, tout en soulignant que les paiements effectués étaient basés sur des engagements pris par son prédécesseur. Ce projet, qui comprend notamment l’installation de lampadaires à Kinshasa, a été jugé excessivement coûteux par rapport aux normes habituelles, suscitant une vive polémique.
Kazadi, se défendant contre les critiques, insiste sur le fait que les fonds déboursés jusqu’à présent, s’élevant à 71 millions de dollars sur les 80 millions promis, ont été strictement régulés. Il affirme ne pas procéder à de nouveaux paiements avant que les travaux actuels ne soient intégralement livrés et vérifiés. « Je ne paierai pas tant que les 71 millions USD ne seront pas entièrement utilisés, » a-t-il déclaré, ajoutant qu’il a même réussi à négocier des coûts réduits face à des devis initiaux élevés.
Par ailleurs, le ministre a été contraint de répondre à des accusations personnelles, notamment des rumeurs sur les réseaux sociaux le liant à Mike Kasenga, PDG de l’entreprise en charge du projet. Kazadi a nié tout lien familial ou amical avec Kasenga, mentionnant une confusion sur les réseaux sociaux qui l’aurait malencontreusement désigné comme un proche du contractant. Cette clarification vient dans un contexte où le projet fait l’objet d’une enquête judiciaire, le ministre appelant même le procureur général à prendre en compte les questions de coûts dans son examen.
Dans ce climat tendu, il est essentiel de rappeler que le financement des lampadaires provient d’un compte spécifique géré par la mairie de Kinshasa, et non directement par le ministère des Finances. Le ministre a souligné que son rôle se limitait à la supervision des paiements sans implication dans les décisions initiales d’attribution ou de gestion du projet.
Ces révélations surviennent dans un contexte de vigilance accrue sur la gestion des fonds publics en RDC, le pays ayant été plusieurs fois pointé du doigt pour des affaires de corruption et de mauvaise gestion. L’affaire, désormais entre les mains de la justice, promet de révéler les intricacies d’un système souvent critiqué pour son manque de transparence.
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