La dualité de commandement au sein de la Société congolaise des droits d’auteurs et droits voisins (SOCODA) engendre une confusion palpable parmi les artistes congolais, divisés entre les directions de N’Yoka Longo et de Blaise Bula. Leurs prétentions à la présidence de cette institution essentielle pour la protection des droits artistiques sont sources de vulnérabilité pour des artistes déjà précarisés par un secteur culturel insuffisamment rémunérateur.
Les artistes, face à un choix incertain entre deux adresses, se retrouvent dans l’incapacité de déterminer où légitimement déposer et protéger leurs créations. Roch Bodo, à la tête du collectif des artistes et des culturels du Congo, exprime une profonde inquiétude: « Chaque jour, nous sommes submergés de questions par des artistes désorientés par cette division. » Les deux branches revendiquent un soutien légitime et continuent de fonctionner parallèlement, malgré une récente décision de la Cour d’appel de Kinshasa reconnaissant N’Yoka Longo comme seul président légitime.
En parallèle, les interventions de l’ancienne ministre de la Culture, Catherine Kathungu, qui semble favoriser l’aile dirigée par Blaise Bula, ne font qu’exacerber les tensions. Des décisions judiciaires et des directives légales sont régulièrement ignorées, selon Jossart N’Yoka Longo, accentuant le climat de défiance et d’incertitude. « Nous ne pouvons opérer normalement avec ces incessantes ingérences, » déplore-t-il lors d’une consultation avec la Première ministre.
Le tableau n’est guère plus reluisant du côté de Blaise Bula qui, malgré une élection annulée par la justice, maintient une présence active au sein de la SOCODA, soutenu par certains secteurs politiques. La confusion règne, et une solution de médiation semble cruciale. Des voix s’élèvent pour un dialogue constructif, dont Henry-Noël Mbuta Voka, un opérateur culturel influent, qui encourage une réconciliation autour d’une même table pour le bien-être des artistes.
Cette crise illustre non seulement les défis de gouvernance dans les institutions culturelles du Congo mais soulève également des questions plus larges sur l’efficacité des mécanismes de protection des droits d’auteur dans un environnement où la politique semble souvent primer sur le droit et l’équité.
Équipe Éditoriale

