Kinshasa, 8 août 2024 – La cour militaire de Kinshasa Gombe, siégeant en matière répressive au premier degré, a rendu un verdict sévère ce jeudi, condamnant Corneille Nangaa et plusieurs autres prévenus à la peine de mort. Cette décision fait suite à un procès au sein de la prison de Ndolo, où les accusés ont été jugés pour des crimes de guerre, participation à un mouvement insurrectionnel, et trahison.
Les faits reprochés à Nangaa et ses coaccusés remontent à février dernier, où ils sont accusés d’avoir créé un groupe armé impliqué dans des combats aux côtés de l’armée rwandaise contre les forces régulières congolaises dans les territoires de Rutshuru et Masisi, au Nord-Kivu. Ce groupe aurait, selon l’accusation, causé d’importants dommages à la population civile dans ces régions.
Malgré les tentatives des avocats de la défense pour démontrer l’absence de preuves matérielles incriminant leurs clients, y compris Baseane Nangaa, oncle de l’ancien président de la CENI et leader du mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo (AFC), la cour a statué en faveur de l’accusation.
Les prévenus, jugés en contumace, disposent de cinq jours à compter de ce verdict pour interjeter appel. Cette condamnation a été saluée par le ministre d’État en charge de la Justice, Constat Mutamba, qui a exprimé sa satisfaction face à l’efficacité de la justice militaire.
Le procureur militaire avait préalablement demandé à la cour de juger les accusés par défaut, en raison de leur absence justifiée par la fuite. Cette demande a été acceptée, renforçant ainsi la gravité de la condamnation.
Ce procès marque un tournant dans la lutte contre l’impunité des crimes graves commis dans l’est du pays, bien que des questions subsistent sur la gestion des preuves et la nature même des accusations portées contre ces figures emblématiques.
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