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Baisse des prix du transport aérien en RDC : Ce qui risque d’arriver en l’absence d’un compromis avec les opérateurs du secteur

Le gouvernement et les transporteurs aériens ne se sont pas toujours accordés, contrairement à ce qu’a rapporté le ministre de l’Économie nationale.

Malgré la publication du nouvel arrêté portant baisse des prix des billets d’avion, ce samedi 07 août, plusieurs zones d’ombre demeurent encore dans les discussions engrangées par le ministre de l’Économie nationale, Jean-Marie Kalumba et les opérateurs du secteur de transport aérien au sujet de la nouvelle grille tarifaire pour les vols domestiques. Face à l’impasse, le pays pourrait voir plusieurs opérateurs se retirer du secteur, avec un risque du retour des antonov dans le ciel congolais.

Le gouvernement qui veut une baisse de 45 % du prix du billet, n’a pas totalement rencontré l’assentiment des transporteurs qui évoquent 3 grands blocages avant de parvenir à un compromis :

  • La baisse de moitié presque du prix du billet d’avion (45% selon le premier ministre lors de son interview bilan à l’occasion des 100 jours du gouvernement). Pour les opérateurs économiques, cette baisse va provoquer la diminution du chiffre d’affaires d’environ 42%. Et face à cette faillite programmée, les opérateurs économiques soutiennent qu’ils n’auront d’autres choix que de fermer leurs entreprises car ils ne sauront pas faire l’économie de la sécurité des passagers en cherchant à diminuer les coûts à l’extrême, notamment les coûts de maintenance.
  • L’imposition d’un prix unique aux transporteurs au lieu d’une fourchette de prix minimum et maximum pour chacune de destination, tel que décidé par l’arrêté Bahati (ministre de l’Économie de l’époque et actuel président du Sénat) de 2015 sur la fixation des prix des tarifs des services aériens.
  • La méthode Kalumba dans la fixation du prix du billet à travers l’indice PKT (Prix kilomètre transporté) ne repose pas sur des données techniques réelles et vérifiables, contrairement à l’arrêté Bahati. Les experts du ministère de l’Économie contestent notamment la consommation horaire d’un Airbus A320. Sur le site de l’avionneur français, il est clairement indiqué que ce type d’avion consomme 4000 litres par heure. Mais les experts du ministère, pour faire baisser à tout prix le billet d’avion, manipulent ce paramètre du PKT en disant qu’il consomme 2800 litres par heure.
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Des indices qui démontrent des profonds désaccords entre les transporteurs et le ministère de l’Économie nationale. Il est clair que les négociations sont dans l’impasse, mais le ministre Jean-Marie Kalumba Yuma veut fixer de manière « unilatérale » les prix des billets d’avion, déplore la Fédération des entreprises du Congo (FEC), dans un mémo transmis au premier ministre, Jean Michel Sama Lukonde.

Si le gouvernement s’obstine à fixer les prix des billets de manière « unilatérale », plusieurs conséquences attendent le pays. À court terme, estiment des experts de l’aéronautique civile, il y aura suppression des lignes et escales dans les 5 destinations suivantes : Kananga, Mbuji-mayi, Mbandaka, Gemena et Kisangani.

À moyen terme, le ciel congolais verra le retour des Antonov, qualifiés jadis des « cercueils volants » pour des nombreux crashs survenus en République démocratique du Congo avec ce type d’avion. Car, l’A320 ne sera plus économiquement rentable en RDC.

avion stationnement aeroport de goma 768x432

Autres conséquences, ce sont des impondérables actuels qui font déjà battre de l’aile à certaines compagnies aériennes. Il s’agit de Covid-19 en 2020 qui a provoqué 6 mois d’arrêt d’activités. A cela s’ajoute l’éruption du volcan Nyiragongo en 2021. Cette catastrophe naturelle a provoqué 2 mois d’arrêt d’activité dans le Hub Est en RDC avec la fermeture des aéroports de Goma et Kavumu. Face à ce tableau dangereux, la mort du secteur de l’aviation domestique en RDC deviendra inéluctable, préviennent des experts.

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Ces entreprises dont les appareils survolent le ciel congolais à savoir TransAir (fret), Service Air (fret), CAA (passagers), Congo Airways (passagers), Mwant Jet (passagers) et Kin Avia (passagers), font face à des charges d’exploitation importantes. A cet effet, le gouvernement doit plutôt travailler pour améliorer le climat des affaires au lieu de chercher à asphyxier un secteur dont l’équilibre financier est précaire, d’après plusieurs observateurs.

Ce que le gouvernement a proposé aux opérateurs, jusqu’ici, restent dérisoires. L’exécutif national a promis de renoncer à certaines taxes et redevances en faveur des transporteurs aériens. Malheureusement, toutes les taxes et redevances ne représentent que 25% du prix du billet. La réduction des taxes ne compense pas la perte du chiffre d’affaires en cas de baisse de moitié du prix du billet d’avion, décryptent des experts.

Pour parvenir à un compromis, le gouvernement devrait éviter le forcing, des solutions à sens unique. Il faudrait que les deux parties reviennent à la table des négociations. Avec la volonté de parvenir à un accord affichée par les transporteurs aériens, une baisse raisonnable du prix du billet d’avion pourrait être décidée entre les deux parties. Et cela, en prenant en compte les données techniques et factuelles de ce secteur.

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Au lieu de bousculer seulement les opérateurs du secteur aéronautique, le gouvernement devrait penser aussi à augmenter le pouvoir d’achat des Congolais afin qu’ils soient, en majorité, capables de se payer un billet d’avion. Car, à ce jour, seuls 400.000 passagers sur environ 100 millions de Congolais prennent l’avion par an, soit 0,4% des Congolais.

ACtu30

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