Projet Métro-Kin, un véritable gouffre financier?

Le projet risque d’être un mort-né. Métro-Kin paraît un gouffre financier. Au départ déjà, l’existence légale de la société à la base du projet Trans Connexion Congo est sujette à caution. Elle n’a payé l’impot qu’en 2020, soit 33 mille francs congolais ( Impôt sur les revenus professionnels).

Ses engagements avec la CNSS ne sont pas honorés non plus. Curieusement, TCC se taille plus de 59% dans la société Métro-Kin sans que son apport dans le capital ne soit réellement connu. Dans une interview accordée jeudi à Ouragan.cd, le député élu de Kinshasa, Mike Mukebayi dénonce un projet fantaisiste et sans lendemain.

A ses yeux, il s’agit du saupoudrage pour endormir les Kinois. D’ailleurs, il pense que le montant prévu ( 280 millions de dollars américains ) pour la réalisation de la simple première phase sera difficilement mobilisable. En plus, les infrastructures ferroviaires que veut s’approprier Métro-Kin appartiennent à l’ex-Onatra dont la jointure-venture pose problème.

Pire, la SCTP ne s’est vue attribuer que 16% des parts dans la nouvelle société. Elle qui detient les infrastructures. Mukebayi prévient qu’une fois, les cheminots apprendront les dessous du dossier, des contestations vont paralyser l’entreprise. L’élu de Lingwala juge hasardeux que le gouvernement se laisse entraîner dans un projet aux contours mal définis, au lieu de mettre suffisamment les moyens pour la relance de l’ex-Onatra.

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Mike Mukebayi, vous êtes député provincial élu de Lingwala, cadre d’Ensemble pour la République et auteur de la question orale avec débat adressé au gouverneur Gentiny Ngobila où vous avez évoqué aussi le projet Métro-Kin ( Métro de Kinshasa) pour la réhabilitation et modernisation du Réseau ferroviaire urbain de la ville de Kinshasa (300 km dans la ville de Kinshasa. Pourquoi vous dites que Métro-Kin est une catastrophe ?

Les statuts de Métro-Kin présentent cette entreprise comme une société d’économie mixte constituée de trois associés, la ville de Kinshasa, l’ex-Onatra et une société privée dénommée Trans Connexion Congo. L’existence légale de cette deTCC est sujette à caution. La dernière fois qu’elle a payé le moindre impôt (Impôt sur les revenus professionnels) remonte à août 2020 pour un montant de 30.000FC.

Elle n’honore pas non plus ses engagements à la CNSS. Elle n’a pas prouvé une quelconque expérience dans le secteur. Elle n’est donc pas viable pour entrer en affaires avec le pouvoir public. Chose étonnante, elle est majoritaire à plus de 59 % dans Métro-Kin sans trop savoir quel est son apport dans le capital.

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Quant à l’ex-Onatra, l’entreprise publique est abusivement associée à Métro-Kin. Ses autorités disent ne rien savoir de ce projet qui s’appuie pourtant sur ses infrastructures ferroviaires dans la ville de Kinshasa. Par ailleurs, l’autorisation du ministre du Portefeuille requise pour la participation d’une entreprise publique à une joint-venture n’a pas été sollicitée et obtenue.

Vous qui avez mené l’enquête, que devient la SCTP ? ( ex-Onatra), quelle rôle va-t-elle céder son patrimoine ?

Mme la ministre du Portefeuille n’ayant pas accordé l’autorisation, la SCPT n’est donc pas liée légalement à Métro-Kin. Comment alors parler de la cession de son patrimoine. Je crains qu’une tentative dans ce sens de la part de Métro-Kin ne conduise à des remous sociaux du côté des bouillants cheminots.

Sur les 280 millions de dollars américains de la première phase, le gouvernement national a débloqué 20 millions pour le début des travaux. Pourtant, c’est une société d’économie mixte. Y-a-t-il un couac ?

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Je ne sais à quel titre ces 20 millions de dollars ont été accordés à Métro-Kin. Est-ce un prêt ou un don? Puisqu’il s’agit d’une entreprise commerciale à vocation de réaliser des bénéfices, ça ne peut être qu’un prêt. Pourquoi ne pas directement affecter ces fonds à la SCPT où l’Etat est actionnaire majoritaire et unique. Il y a anguille sous roche.

Le vrai problème, ce sont les indemnisations en cas d’expropriation pour libérer la voie entre la gare centrale et l’aéroport international de N’djili ( Premier axe). Cette opération sera-t-elle un casse-tête ?

Ce projet demande beaucoup d’argent et au préalable de profondes études de faisabilité. D’où, la crainte de voir les 20 millions de dollars dilapidés sous prétexte de financer les études préparatoires. Il faudra exproprier les riverains du réseau ferroviaire de Kinshasa et démolir les constructions, ça coûtera cher en termes d’indemnisation. Métro-Kin n’en a pas les moyens. Pourtant, c’est la phase décisive pour la réalisation des travaux.

Jeanric Umande
OURAGAN

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