Les pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 ont repris le dimanche 4 mai à Doha, sous la médiation du Qatar. Cette reprise intervient deux semaines après une déclaration conjointe dans laquelle les deux parties exprimaient leur volonté de « travailler à la conclusion d’une trêve » en vue d’un cessez-le-feu effectif. Les discussions actuelles sont qualifiées de préliminaires, visant à établir les bases des futures négociations.
La délégation de l’AFC/M23, désormais dirigée par son secrétaire exécutif Benjamin Bonimpa, acteur clé des négociations de 2013, attend des gestes concrets de confiance de la part de Kinshasa pour faire avancer le processus. Parmi ces gestes figurent le retrait des troupes de Walikale, la publication d’une déclaration conjointe avec le gouvernement, l’autorisation de retirer les troupes de la SADC et leur logistique de Goma, ainsi que l’accord pour le transfert à Kinshasa des FARDC et policiers qui étaient sous la protection de la MONUSCO à Goma.
Parallèlement, un autre cadre de négociations entre Kigali et Kinshasa se déroule sous l’égide des États-Unis. Le 25 avril, les deux pays ont signé une « Déclaration de principes » à Washington, s’engageant à élaborer un projet d’accord de paix d’ici le 2 mai. Cependant, selon des sources proches du dossier, leurs contributions respectives n’ont pas encore été harmonisées, une étape essentielle avant la rédaction d’un texte commun. Une fois le projet finalisé, l’accord de paix devrait être signé par les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et Rwandais, Paul Kagame.
Le processus de Doha, bien que distinct, est étroitement lié à ces efforts internationaux. Les discussions à Doha se déroulent dans un contexte de tension, avec des accrochages sur le terrain, notamment dans la province du Sud-Kivu, où des combattants soutenant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris plusieurs villages. L’AFC/M23 accuse les FARDC de violer la trêve et menace de réactiver ses fronts militaires, ajoutant une pression supplémentaire aux négociations.
Les discussions bénéficient également de la pression diplomatique et économique exercée par les États-Unis sur les deux parties. Le conseiller principal pour l’Afrique du président américain, Massad Boulos, a déclaré que les États-Unis souhaitent finaliser et signer un accord de paix, accompagné d’accords économiques bilatéraux pour des investissements miniers, dans un délai de deux mois lors d’une cérémonie à laquelle assistera le président Trump. Cependant, la RDC et le Rwanda doivent d’abord résoudre des préoccupations sécuritaires mutuelles : le Rwanda doit retirer ses troupes et cesser de soutenir les rebelles du M23, tandis que la RDC doit répondre aux préoccupations sécuritaires du Rwanda concernant les milices anti-rwandaises.
Alors que les discussions se poursuivent, la situation sur le terrain reste volatile. Le M23 a récemment pris le contrôle de la localité de Lunyasenge, sur la côte ouest du lac Édouard, provoquant des affrontements avec les FARDC et entraînant des déplacements de population. De plus, des affrontements ont été signalés entre le M23 et les miliciens Wazalendo dans le territoire de Masisi.
Malgré ces défis, les parties impliquées continuent de chercher une solution pacifique au conflit. La médiation qatarie, soutenue par les États-Unis, joue un rôle clé dans la facilitation des discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer les progrès réalisés et la possibilité d’un accord de paix durable.
— M. KOSI

