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Rwanda admet une coordination avec l’AFC/M23 et dit avoir poussé au retrait d’Uvira

Le Rwanda reconnaît, pour la première fois, travailler de façon coordonnée avec le groupe rebelle AFC/M23, actif dans l’Est de la RDC. Kigali présente cette relation comme une mesure « défensive » liée, selon lui, à la protection des Tutsi et à la prévention d’une nouvelle vague de violences à caractère génocidaire.

Paul Kagame
Rwanda's president Paul Kagame arrives at an informal meeting with Commonwealth leaders at Marlborough House in London on May 5, 2023 on the eve of his coronation. Britain's first coronation in 70 years takes place, with Charles III crowned king in an elaborate Christian ceremony steeped in solemn ritual and more than a millennium of history. (Photo by Chris Jackson / POOL / AFP)

Le Rwanda reconnaît, pour la première fois, travailler de façon coordonnée avec le groupe rebelle AFC/M23, actif dans l’Est de la RDC. Kigali présente cette relation comme une mesure « défensive » liée, selon lui, à la protection des Tutsi et à la prévention d’une nouvelle vague de violences à caractère génocidaire.

Dans une déclaration transmise au Congrès américain le 22 janvier, l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, affirme que cette coordination a aussi eu un effet concret sur le terrain. Elle assure que, « avec le fort encouragement » de Kigali, l’AFC/M23 a procédé à un retrait unilatéral de la ville d’Uvira, pour « démontrer son engagement en faveur de la désescalade ». Elle dit, en substance, que ce mouvement visait à montrer que le groupe n’était pas à l’origine des violences évoquées.

Une coopération présentée comme limitée, mais lourde de conséquences

Dans le même document, la diplomate rwandaise explique que Kigali a choisi d’assumer publiquement ce lien « afin de bâtir la confiance par la transparence ». Elle qualifie l’AFC/M23 de « groupe congolais indépendant » portant des revendications « légitimes » contre Kinshasa, tout en soulignant un « intérêt commun » autour de la protection des Tutsi en RDC face aux FDLR et à « d’autres milices extrémistes ».

Le Rwanda insiste sur trois points : cette coordination serait strictement défensive, conditionnelle et limitée dans le temps. Kigali dit ne pas chercher à influencer les décisions politiques internes de la RDC. La fin de cette coopération serait liée, selon la même source, au désarmement et à la neutralisation des FDLR.

Le texte replace aussi cette posture dans une lecture historique de l’insécurité régionale depuis 1994, en évoquant l’ancienne insurrection dite « Abacengezi » et les FDLR, accusés de massacres. Kigali écrit que la mémoire du génocide impose de maintenir des capacités défensives jusqu’à l’obtention de « garanties de sécurité crédibles ».

Sur le plan congolais, cet aveu risque d’alimenter les tensions politiques et diplomatiques, car il touche directement à la stabilité dans l’Est, aux mouvements de populations, à la sécurité des villes comme Uvira et à la question centrale des groupes armés. Kigali affirme que la coopération diminuera « progressivement » lorsque les conditions de sécurité seront réunies, en référence aux Accords de Washington.

— La Rédaction

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