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Génocide rwandais : la France clôt les poursuites judiciaires contre l’entourage de Paul Kagame

L’enquête française sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda, a été une « véritable mascarade », a estimé vendredi le ministre rwandais de la Justice, après la confirmation par la justice française d’un non-lieu dans cette affaire.

Ce dossier, dans lequel des membres de l’entourage de l’actuel président rwandais, Paul Kagame, étaient poursuivis, « a été une parodie de justice, une véritable mascarade qui n’aurait jamais dû voir le jour », a réagi sur son compte Twitter le ministre rwandais de la Justice, Johnston Busingye.
La cour d’appel de Paris a confirmé vendredi la décision des juges antiterroristes qui avaient ordonné fin 2018 d’abandonner les poursuites contre neuf membres ou anciens membres de l’entourage de Paul Kagame.
« Vouloir rouvrir un dossier classé, c’est vouloir créer des problèmes », avait pour sa part mis en garde cette semaine le président rwandais dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique, au sujet de cette affaire qui empoisonne les relations diplomatiques franco-rwandaises depuis plus de 20 ans.
Enquête Bruguière « politisée »
Le 6 avril 1994, l’avion transportant Juvénal Habyarimana, un Hutu, et le président burundais Cyprien Ntaryamira avait été abattu, durant sa phase d’atterrissage vers Kigali, par au moins un missile. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit, selon l’ONU, plus de 800.000 morts au cours des trois mois suivants, essentiellement parmi la minorité tutsie mais aussi chez les Hutus modérés.
Qui est l’auteur du tir fatal contre l’avion présidentiel? Les enquêteurs français ont longtemps privilégié la responsabilité des rebelles tutsis, menés par Paul Kagame devenu président du pays en 2000, avant de s’orienter – sans davantage aboutir – vers une implication d’extrémistes hutus, soucieux de se débarrasser d’un président trop modéré à leurs yeux.
« Nous n’avons jamais cru la justice française en ce qui concerne le dossier Bruguière », a réagi Jean-Pierre Dusingizemungu, président d’Ibuka, une association de soutien aux victimes du génocide, en référence au juge d’instruction antiterroriste français Jean-Louis Bruguière qui avait lancé les poursuites contre l’entourage de Paul Kagame.
« Le dossier était politisé et a été exploité par des négationnistes pour propager des thèses révisionnistes. Nous sommes très heureux que ce dossier soit refermé et que la justice française ait fait preuve d’indépendance », a-t-il ajouté.
L.A/Bnews

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