Serge Kadima : « la destitution du ministre de l’économie témoigne de l’échec des « Warriors » et de la vision de l’Union sacrée »

La destitution de Jean-Marie Kalumba, le désormais ex ministre de l’économie nationale, par l’Assemblée nationale, continue de faire parler d’elle. Pour Serge Kadima, cadre du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la sanction infligée au ministre de l’économie nationale est une preuve de l’échec de l’ensemble du gouvernement.

Un échec constaté, d’après lui, au sein même de l’Union sacrée pour la nation exprimé par les votes absolus des députés de cette même plateforme créée pour soutenir le gouvernement. Pour Serge Kadima, il s’agit du retrait de confiance à ce gouvernement.

« Comment comprendre que la majorité disposant de plusieurs outils pour contraindre un de ses ministre à la démission lorsqu’elle estime nécessaire ait décidé de passer par une sanction parlementaire? Il est évident que cette inélégance assumée consiste, de facto, en un retrait pur et simple de la confiance à l’ensemble du Gouvernement Sama », a déclaré Serge Kadima à Media Congo Press, ce lundi 04 avril.

Ce dernier a rappelé que l’un des dossiers à la base de l’éviction du ministre de l’économie, à savoir celui relatif à l’achat des poissons chinchards en Namibie, a été porté et défendu tambour battant par l’ensemble du gouvernement de l’Union sacrée pour la nation. Par conséquent, a-t-il estimé, l’échec de cette initiative est à mettre sur le dos de l’ensemble du gouvernement. « L’ initiative a été bel et bien portée par l’ensemble du gouvernement Sama et elle a même fait l’objet de promesses fermes du président de la République. Dès lors, dans le succès comme dans l’échec, elle est frappée du principe de solidarité gouvernementale », a-t-il soutenu.

Et de poursuivre :  » D’autant qu’il s’agit d’une action validée en conseil des ministres et qui a fait l’objet de plusieurs réunions en commission écofin du gouvernement et même au comité de conjoncture économique dirigé par le Premier ministre lui-même (…)il ne fait aucun doute que dans ces conditions, le Premier ministre a largement engagé sa prérogative de coordination de l’action gouvernementale et est donc exposé ».

Pour cet économiste, un autre échec du gouvernement est la situation des produits pétroliers observée ces jours dans la ville de Kinshasa.  » La pénurie de carburant qui frappe le pays et qui a fait l’objet de l’un des griefs retenus contre le ministre de l’économie est une autre illustration de l’échec de l’exécutif dans son ensemble. En effet, la politique des prix à la pompe est placée sous l’encadrement direct du Premier ministre, avec une implication ouverte de la Présidence de la République. Dans sa défense au parlement, le ministre de l’économie a lui-même révélé à l’opinion que les prix à la pompe sont largement inférieurs à leur niveau réel et que le litre, aujourd’hui vendu à 2095 franc congolais (FC), revient, en réalité, à 3500 FC. Raisonnablement, on peut affirmer qu’en vertu de l’étroitesse du budget de l’État, malgré les performances fantômes vantées, il sera impossible au gouvernement de subventionner près de 1500 franc par litre à la pompe », a indiqué Serge Kadima.

Par conséquent, ce dernier a déclaré qu’on devrait s’attendre soit à une hausse vertigineuse des prix à la pompe, soit à une aggravation des pénuries parce que les sociétés pétrolières ne peuvent pas renouveler leurs stocks en vendant leurs produits à perte.

Djodjo Vondi
congopress

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