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Présidentielle de 2023: la ligne rouge américaine

Dans une année et demie, la RD-Congo doit vibrer au rythme des élections présidentielle et législatives. A l’approche de 2023, cette année électorale, Kinshasa connait une double pression, interne et externe. Si à l’interne, la classe politique, notamment l’opposition, tient mordicus au respect du délais constitutionnel -décembre 2023, en vue d’éviter un quelconque glissement comme ce fut entre 2016 et 2018 pouvant déboucher sur une crise politique.

A l’extérieur et plus spécialement l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique semblent être favorables à accepter un glissement de l’ordre de six à huit mois. Les différentes chancelleries exercent une pression de plus en plus ferme sur le régime de Kinshasa. En dépit de ses hésitations sur la tenue en temps et en heure du scrutin présidentiel, Félix-Antoine Tshisekedi explique clairement à ses interlocuteurs sa volonté de respecter les délais constitutionnels, c’est-à-dire d’organiser le 4ème cycle électoral en décembre 2023.En dépit de cette détermination, le régime Fatshi a la peur au ventre.

En réalité, Kinshasa craint de voir les USA commencer à hausser le ton. Si leur ambassadeur, Mike Hammer, fait preuve d’une certaine mansuétude envers le régime, Washington pourrait se montrer beaucoup moins conciliant en cas de report sine die du scrutin. L’autre ligne rouge des Américains concerne la participation à l’élection de l’ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, qui dispose de solides relais aux Etats-Unis, et dont les ambitions pour 2023 font figure de secret de polichinelle.

De son côté, la Commission électorale nationale indépendante -CENI- ne cesse de soulever des préalables notamment ceux liés au financement des opérations électorales. Cette institution d’appui à la démocratie reconnait que les salaires et les fonds destinés à son fonctionnement quotidien sont versés en temps et en heure, et que ce sont des décaissements en vue des opérations électorales qui continuent de poser davantage problème. Cette question a failli diviser le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, et le président de la Centrale électorale, Denis Kadima.

Des sources dignes de foi indiquent que l’argentier national n’avait toujours pas encore débloqué les fonds prévus à cet effet pour les mois de mars et avril, soit un total d’environ 66 millions de dollars. Les mêmes sources signalent que si les problèmes financiers persistent, le président de la CENI pourra s’exprimer d’ici là en vue d’annoncer sûrement sur un réel glissement.

Un autre problème et non de moindre reste l’approvisionnement en machines à voter, s’il faut les utiliser, surtout que la CENI n’a pas encore lancé l’appel d’offre jusqu’à ce jour. Celles achetées par l’ancien bureau sont-elles encore utilisables? Si oui, combien sont en bon état? Voilà des questions majeures qui donnent de l’insomnie sur la tenue des scrutins dans le délai constitutionnel.


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