À moins de deux mois des élections générales prévues le 20 décembre 2023 en République Démocratique du Congo (RDC), la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), sous la direction de Dénis Kadima, a inauguré les travaux du forum sur l’observation électorale citoyenne. Cette initiative vise à mettre en place un nouveau code de conduite en collaboration avec diverses organisations, le fruit de discussions et de contributions de toutes les parties impliquées.
L’objectif fondamental de ces missions d’observation, selon la CENI, est de réaliser une évaluation objective, indépendante et impartiale du processus électoral, en conformité avec les lois de la RDC et les normes internationales régissant les élections démocratiques dans le monde. Cette évaluation devrait conduire à des recommandations. Cependant, Dénis Kadima souligne que certaines missions d’observation ont tendance à négliger leurs devoirs de réserve et les bonnes pratiques électorales.
Le président de la CENI constate que la méthodologie dominante dans le domaine de l’observation électorale se concentre souvent sur l’identification des faiblesses du processus électoral, ce qui entraîne des observations, des conclusions, et des recommandations souvent teintées de négativité. Il déplore que, parfois, les observateurs fassent des déclarations incendiaires sans tenir compte de leur responsabilité envers la stabilité du pays.
Pourtant, Kadima rappelle que les observateurs sont, avant tout, des électeurs, ayant le même droit que les autres à avoir une préférence entre les candidats. La CENI n’a jamais caché son désir d’une forte présence des observateurs nationaux et internationaux, inscrivant cette volonté dans sa feuille de route publiée en février 2022. Elle a également recommandé aux commissions politiques, administratives et judiciaires du Parlement de promouvoir une observation électorale encadrée et reconnue par la loi.
Dénis Kadima évoque également les « agissements négatifs » dans les rapports des observateurs. Il constate que ces rapports sont souvent empreints de négativité, négligeant les aspects positifs de la situation. Il explique que l’observation électorale se concentre généralement sur la liste de problèmes et de faiblesses, et que les observateurs semblent parfois heureux d’annoncer ce qui ne fonctionne pas.
Le président de la CENI souligne l’importance d’une approche comparative pour évaluer l’efficacité de la CENI actuelle par rapport à celle de 2018. Il estime que les observateurs non-partisans devraient jouer un rôle crucial dans la réforme électorale, en prenant en compte des critères tels que le coût des élections. Il souligne que certaines recommandations rétrogrades, comme l’augmentation du nombre de membres de la CENI, ont un impact direct sur le coût des élections et la prise de décisions.
Dans un souci de transparence et d’amélioration du processus électoral, la CENI ambitionne de mettre en place un nouveau code de conduite en partenariat avec diverses organisations, résultant des discussions et contributions collectives.
Au cours du forum, Vincent Tohbi, expert électoral, a retracé l’historique de l’observation électorale, tandis que Simon-Pierre Nanitelamio a présenté la Déclaration des principes internationaux pour l’observation et la surveillance non-partisanes des élections par des organisations citoyennes, ainsi que le code de conduite à l’usage des observateurs citoyens. Les participants ont également bénéficié d’un partage d’expériences de la Mission d’observation CENCO-ECC et du Centre Carter, suivi d’échanges fructueux.
Par Manassé Kitemoko Kosi

