La tension politique en République Démocratique du Congo a atteint un nouveau sommet mercredi dernier, lorsque Pascal Mulegwa, correspondant de Radio France Internationale (RFI), a été agressé alors qu’il couvrait les opérations de vote dans une école de Kinshasa. L’Association des correspondants de la presse internationale en RDC (ACPI-RDC) a rapidement réagi en condamnant cette attaque qui menace la liberté de la presse dans le pays.
Accompagné d’un confrère et équipé d’un micro estampillé RFI, Mulegwa était au cœur des opérations de vote à l’Institut Technique de Ngaliema, dans le nord de Kinshasa, lorsque les événements ont pris une tournure violente. Environ 120 hommes, se présentant comme partisans du parti présidentiel, les ont identifiés et pris à partie. Mulegwa relate l’incident avec une sobriété troublante : « Mon collègue s’est tiré, moi par contre j’ai été retenu, » a-t-il déclaré.
Les assaillants, certains armés de couteaux selon des témoignages, ont déclaré être des partisans et électeurs du président Tshisekedi. Ils ont violemment agressé Mulegwa, le traînant par terre, lui reprochant son affiliation à RFI et à d’autres médias publics français. Le journaliste a échappé de peu à une immolation, sauvé par l’intervention de jeunes courageux qui l’ont exfiltré de l’école. Blessé, il se rappelle avoir trouvé refuge dans un caniveau avant d’être secouru par un véhicule blindé envoyé par le ministre des Médias, Patrick Muyaya, qui l’a ensuite conduit à l’hôpital.
Les séquelles physiques de l’agression sont palpables : foulure au pied droit, malaises du côté de la mâchoire. En plus de la violence subie, Mulegwa a été dépouillé de son argent et de son téléphone pendant l’attaque.
L’ACPI-RDC s’est exprimée sur cet acte condamnable, soulignant la perturbation causée par cette violence à l’égard d’un de ses membres. « Nous déplorons cette agression contre un journaliste reconnu, » a déclaré un représentant de l’association.
Cet incident soulève des inquiétudes quant à la sécurité des journalistes couvrant des événements politiques dans un climat déjà tendu. Les médias et organisations internationaux, ainsi que la communauté internationale, sont appelés à surveiller de près la situation et à condamner toute violation de la liberté de la presse.
Manassé Kitemoko kosi

