La région du Haut-Katanga, située dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo, fait face à une série d’incursions alarmantes de la milice Maï-Maï Bakata Katanga. La dernière en date s’est déroulée mercredi dans le territoire de Mitwaba, provoquant un exode de la population locale.
Alors qu’une réunion était en cours à Kintshia, une localité distante d’environ 70 kilomètres du centre de Mitwaba, visant à examiner les allégations de tracasseries de la part des forces armées congolaises envers la population, les miliciens Maï-Maï ont brusquement fait irruption, selon les rapports de la société civile locale.
Jeff Mbiya Kadima, porte-parole du cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga, a déclaré à ACTUALITE.CD : « C’est au moment de la relève des éléments des FARDC accusés de tracasserie et de rançonner la population locale qu’une attaque présumée des Maï-Maï Bakata Katanga a été signalée et tous les participants ont pris fuite. »
L’attaque, survenue le 24 janvier dernier, a impliqué une douzaine d’insurgés Maï-Maï Bakata Katanga ciblant le village du groupement Mwewa, dans la chefferie Kyona Ngoie. Les assaillants ont pris en otage le sous-brigadier de la police et l’épouse du chef de poste des renseignements de Kintya.
Des sources sur place à Mitwaba ont rapporté qu’au village de Mazombwe, dans le groupement Kabanda, six miliciens armés de flèches et de machettes ont été appréhendés puis transférés à Mitwaba centre et enfin à Lubumbashi.
En réaction à cette situation, les mouvements de la population se multiplient dans différentes localités du territoire de Mitwaba. Certains habitants, craignant de nouvelles incursions, ont choisi de se réfugier dans le Haut-Lomami, une province voisine issue de l’ancien Katanga.
« Nos parents sont en brousse, d’autres sont partis dans les villages voisins du Haut-Lomami, précisément à Kibuji, Nambia, d’autres sont à Tambwe », a confié Sébastien Kabila, président des ressortissants de Mitwaba.
Face à cette insécurité croissante attribuée à l’activisme de la milice Maï-Maï Bakata Katanga, dirigée par le seigneur de guerre Gédéon Kyungu Mutanga wa bafuko Kanonga, dans le territoire de Mitwaba, les responsables locaux appellent les autorités congolaises à intervenir pour rétablir la paix dans cette zone, autrefois qualifiée de « triangle de la mort ».
Contexte Historique et Rappel des Faits
Depuis près de trois ans, les attaques des miliciens Maï-Maï Bakata Katanga, proches de Gédéon Kyungu Mutants, étaient en sommeil dans la région du Katanga. Cependant, la situation a pris un tournant inquiétant avec cette récente recrudescence.
En 2005, Gédéon Kyungu Mutanga, sa femme et ses 26 acolytes s’étaient rendus aux forces de la Monusco près de la plaine de Karipopo, avant d’être transférés devant la justice militaire à Kipushi. Après un processus de paix avec le gouvernement provincial, Gédéon Kyungu avait quitté la ville de Lubumbashi, devenant depuis un fugitif recherché par les services de sécurité.
La Rédaction

