BERLIN — Le gouvernement allemand, lors d’une réunion récente à Berlin avec le vice-Premier ministre congolais Christophe Lutundula, a réitéré son engagement envers la souveraineté de la République Démocratique du Congo (RDC), en condamnant fermement la présence militaire rwandaise sur le territoire congolais. Cette rencontre intervient juste après des discussions bilatérales entre le président Félix Tshisekedi et le chancelier allemand Olaf Scholz.
« Berlin a exprimé son opposition à l’intrusion des troupes rwandaises et a renforcé l’appel à leur retrait, conformément aux demandes de l’Union Européenne, » a déclaré Lutundula. L’Allemagne, soulignant les tensions dans la région, envisage des sanctions contre le Rwanda si la situation ne s’améliore pas. « Les déclarations sont positives, mais des actions concrètes sont nécessaires pour soutenir nos paroles, » a ajouté le ministre des Affaires étrangères congolais.
La discussion a également porté sur l’application du protocole d’entente sur les matières premières, signé il y a trois ans entre Kinshasa et l’UE. L’Allemagne, mentionnée comme un acteur clé, pourrait influencer l’adhésion de l’UE à ce protocole, surtout face à un accord similaire avec le Rwanda, qui, selon Lutundula, ne dispose pas des ressources nécessaires pour répondre aux besoins européens. « Nous avons invité l’Europe à respecter les règles de traçabilité pour garantir que les matières premières congolaises ne sont pas exploitées indûment, » a expliqué Lutundula.
D’autre part, la tension monte concernant un autre protocole d’entente entre l’UE et le Rwanda, qui inclut un soutien financier substantiel. Plusieurs pays, dont la Belgique et la France, ont exprimé des réserves quant à l’octroi de 20 millions d’euros à Kigali, poussant Kinshasa à demander à Berlin de clarifier sa position sur ce dossier épineux.
L’Allemagne semble ainsi jouer un rôle pivot dans la diplomatie européenne en Afrique centrale, cherchant à équilibrer ses engagements envers la RDC tout en gérant prudemment ses relations avec le Rwanda. Les jours à venir pourraient révéler l’impact réel de ces discussions sur la stabilité régionale.
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