Savoir commander et être loué par les gouvernés pour cette capacité et cette qualité, voilà ce qui définit la légitimité d’un chef. C’est une question de psychologie. Le chef doit savoir parler, mais pas seulement ; il doit aussi, par ses actes, renforcer la confiance que le peuple lui accorde.
Lors de son premier quinquennat, le président avait présenté un programme qui suscitait de grands espoirs chez le peuple, espérant voir son pays débarrassé de toutes les antivaleurs qui le maintiennent encore à genoux jusqu’à ce jour, où le peuple congolais continue d’attendre en vain l’avènement…
À l’Est, à cause de l’activisme de groupes armés et de l’agression rwandaise via le M23, les infrastructures routières sont en état de délabrement en plein cœur de Kinshasa, et il manque des routes de desserte dans la majorité des provinces.
Nul n’ignore que la population congolaise tout entière vit actuellement dans des situations difficiles, caractérisées notamment par une vie chère, l’insécurité, des embouteillages monstrueux, le manque d’eau et d’électricité. Et ce, sous le regard impuissant, voire indifférent, des autorités du pays, en dépit de leurs multiples promesses tout au long de la première mandature du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, réélu en décembre 2023.
Avec cette misère notoire au sein de la population, une certaine opinion populaire estime que le célèbre slogan légué par Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire, « Le peuple d’abord », aurait perdu son vrai sens.
Cela est d’autant plus vrai que ceux qui sont actuellement au pouvoir ne donnent pas de signes de se préoccuper du quotidien de la population qui ne sait plus à quel saint se vouer.
Le commun des mortels congolais, essoufflé par la précarité sociale dans laquelle il est plongé, dit ne pas comprendre ce que des Warriors continuent de faire pour ce pays, où des rumeurs de détournement de millions de dollars persistent dans l’opinion.
« L’actuel régime se caractérise par des promesses non tenues. La population congolaise souffre, vit dans la misère, sans aucune lueur d’espoir« , a déclaré un homme de 65 ans, fatigué d’entendre et de voir des gens continuer de louer à longueur de journées des promesses qu’auraient réalisées des hommes politiques.
En fait, gouverner, c’est prévoir, dit-on. Que prévoit le gouvernement de la République pour assurer au peuple son bien-être?
La RDC est-elle gouvernée? Selon le célèbre philosophe français Jean-Jacques Rousseau, l’homme est bon par nature, mais c’est la société qui le pervertit, notamment dans son expérience de la propriété privée, qui favorise les tensions. La recherche de ses intérêts égoïstes mène au chaos et au despotisme. Pour assurer la paix sociale, il faut passer par un contrat social qui fait abandonner sa liberté au citoyen au profit d’un intérêt collectif qui servira in fine l’individu. Car la souveraineté demeure la propriété des individus et est indivisible et inaliénable.
Pour le sage grec Xénophon, au sein d’une nation, le chef est celui qui en lui. De par son autorité, le chef n’en abuse pas, il le met au service de l’intérêt général et non particulier.
Est-ce le cas pour la République Démocratique du Congo? Ceux qui exercent le pouvoir agissent-ils pour l’intérêt général ou particulier? Le premier mandat du Président Félix Tshisekedi aurait été marqué par des détournements des deniers publics, l’insécurité urbaine et surtout dans la partie Est du pays, par une vie chère, le manque d’eau et d’électricité, la dépréciation continuelle du Franc congolais…
Au regard de cette sombre situation que traverse péniblement la République Démocratique du Congo, faut-il corriger les erreurs du passé ou consolider les acquis du premier mandat?
À l’instar du sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi, son fils Félix, qui a succédé à Joseph Kabila, avait promis devant la face du monde de faire du pays de Simon Kimbangu l’Allemagne de l’Afrique.
Autrement dit, de mettre les Congolaises et Congolais dans les meilleures conditions de vie. Et de reconstruire la RDC en la rendant aussi belle que la première puissance économique européenne.
Lors de son accession au pouvoir en 2019, Félix Tshisekedi avait présenté le concept « le peuple d’abord »…
…de l’équipe gouvernementale qui sera, pour la toute première fois dans l’histoire de la RDC, dirigée par une femme.
Le peuple d’abord », un slogan creux!
Lors de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le chef de l’État congolais avait affirmé, mieux martelé que « le peuple d’abord était la seule boussole de « notre action et la mesure de notre détermination. Cela signifie que l’intérêt du peuple congolais constituerait toujours le fil conducteur de toutes les réformes que le gouvernement de la République accomplira tout au long de son mandat.
Malgré les différentes déclarations et assurances sur « le peuple d’abord », le peuple congolais se rend compte qu’il n’est toujours pas au centre de l’action gouvernementale.
Pas d’électricité ni d’eau potable alors que le pays dispose de potentialités incommensurables à ce sujet.
Chaque jour, le Congolais lambda assiste, non sans s’étonner, à l’augmentation des prix des transports selon les humeurs des transporteurs, et ce, au vu et au su des autorités. Le banditisme et la criminalité urbaine font rage dans la capitale, Kinshasa, et dans les grandes villes du pays ; l’insécurité grandissante.
Tous ces faits illustratifs montrent à suffisance que le peuple congolais souffre, ce qui lui donne des raisons de croire que son pays est gouverné.
Lors de son discours sur l’état de la nation du 14 novembre 2023, Félix-Antoine Tshisekedi avait appelé le peuple congolais à s’investir pour consolider l’élan de progrès lancé durant son premier quinquennat.
« Votre engagement est le socle sur lequel nous bâtirons un Congo plus fort et plus uni. Nous avons donc le choix entre repartir à zéro ou consolider les acquis de cet élan progressif en avançant ensemble avec une vision claire…« , avait-il affirmé.
Partant de cette déclaration fulgurante, le peuple congolais n’est-il pas en droit de se poser la question de savoir : Quels sont les acquis à consolider ? Acquis de la souffrance ou de la misère ? De détournement des deniers publics ?
Le Président de la République, qui a déjà courageusement reconnu que des erreurs ont été commises lors de sa première mandature, va-t-il encore, avec sa première ministre, faire revenir ceux qui ont abusé de sa confiance en leur confiant des postes ministériels importants pour la vie de toute une nation?
Voyons voir…
Eldad B.

