Alors que le monde entier s’oriente vers une transition énergétique axée sur les énergies renouvelables, la République démocratique du Congo (RDC) a lancé en juillet 2023 un appel d’offres pour l’exploitation de ses blocs pétroliers et gaziers. Cette initiative suscite des controverses, surtout au vu des engagements internationaux de la RDC en matière de protection environnementale, notamment ceux pris lors de la COP28 à Dubaï.
« La RDC est déterminée à respecter les normes environnementales internationales dans l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz, » déclare Tosi Mpanu, conseiller de l’ancien Ministre des Hydrocarbures. Pourtant, des rapports de diverses organisations environnementales signalent que l’exploitation de ces ressources pourrait détruire des zones cruciales de forêts tropicales et de tourbières, des écosystèmes vitaux pour la régulation climatique mondiale.
Jimmy Munguriek, membre de la coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), souligne : « Le projet de développement pétrolier est en contradiction avec les tendances mondiales actuelles qui favorisent les énergies renouvelables. Les investisseurs sont réticents à engager leur capital dans des secteurs à haut risque et peu durables. »
Les critiques vont plus loin en notant que les grandes banques occidentales ne financent plus les projets d’hydrocarbures, ce qui complique la recherche de fonds pour ce type d’exploitation. « Avec la transition vers les énergies renouvelables, les financements se tarissent, rendant ces projets économiquement non viables, » explique Lewis Yola, expert en hydrocarbures.
L’ONG Greenpeace, dans son rapport intitulé « Nous garderons nos forêts, vous gardez vos dollars, » appelle à l’annulation des appels d’offres. Éve Bazaiba, Ministre de l’Environnement et Développement durable, a vivement critiqué cette position, accusant Greenpeace de servir des intérêts étrangers.
Malgré les déclarations des autorités, la pression internationale et la vigilance des organisations locales persistent. Les experts recommandent une réévaluation des priorités économiques de la RDC, suggérant de se concentrer sur l’exploitation durable des ressources minérales stratégiques nécessaires à la transition énergétique mondiale, comme le cobalt.
La RDC, en tant que premier producteur mondial de cobalt, dispose d’une opportunité unique de capitaliser sur cette ressource tout en respectant ses engagements environnementaux. La gestion responsable de ces minerais pourrait offrir des alternatives viables aux hydrocarbures, tout en protégeant l’écosystème unique du pays.
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