La ville de Kisangani, marquée par les stigmates des conflits armés passés, voit ressurgir l’espoir d’une réparation pour les victimes de guerre. Constant Mutamba, ministre de la Justice, a remis en marche le processus d’indemnisation, interrompu suite à des controverses entourant la gestion du Fonds de Réparation des Victimes des Atrocités de la Guerre (FRIVAO).
Le 3 août dernier, le ministre a pris la décision de verser des compensations à cinq victimes, validées par une équipe d’enquêteurs qu’il a personnellement mandatée. Cette action intervient dans un contexte de doute persistant autour de la transparence et de l’efficacité du système en place. Pour Mutamba, il est impératif de s’assurer que seules les personnes réellement affectées par les violences soient prises en compte, ce qui explique le recours à des Officiers de Police Judiciaire (OPJ) pour renforcer les enquêtes.
Une gestion passée sous le feu des critiques
Le FRIVAO, autrefois en charge du processus, avait vu ses activités suspendues en raison de soupçons de mauvaise gestion. Les nouveaux responsables devront rétablir la confiance en travaillant étroitement avec les représentants des victimes, notamment en vérifiant physiquement chaque dossier avant de procéder aux paiements.
« Il ne s’agit plus de laisser les fonds publics entre des mains incompétentes ou malintentionnées », a déclaré Jean de Dieu Kilima, un des accompagnateurs des victimes. Désormais, chaque décision sera prise sur la base de rapports d’enquêtes approfondis, qui seront soumis au ministre pour approbation finale.
Les victimes entre attentes et incertitudes
Pour les victimes, la promesse d’une indemnisation suscite autant d’espoir que d’incertitude. En attendant la mise en place d’une nouvelle structure de gestion, une somme forfaitaire de deux mille dollars a été remise aux premières personnes éligibles. Cependant, beaucoup restent sceptiques, craignant que ce processus ne se heurte à nouveau à des obstacles administratifs ou financiers.
L’initiative de relancer ce processus d’indemnisation est vue comme un test de la volonté des autorités de Kisangani à rendre justice aux victimes. Mais au-delà des annonces, ce sont les résultats concrets qui seront jugés, dans une ville où la méfiance envers les institutions reste profonde.
Équipe de rédaction

