L’opposition congolaise ne mâche pas ses mots face aux récentes déclarations du président Félix Tshisekedi. Dans une interview accordée à Top Congo FM depuis Bruxelles, où il séjourne pour des raisons médicales, le chef de l’État a suscité une vive controverse, notamment au sein du Cadre de concertation de l’opposition politique et de la société civile en République démocratique du Congo.
Une déclaration conjointe signée par 27 figures de l’opposition, parmi lesquelles se trouvent Lubaya Claudel André, Seth Kikuni et Ados Ndombasi, accuse le président Tshisekedi de « diviser délibérément la Nation congolaise« . Selon eux, ces attaques verbales à l’encontre de ses adversaires politiques ne sont qu’un écran de fumée destiné à détourner l’attention des failles de sa gouvernance.
« En s’adonnant à des attaques personnelles et à des invectives, le président a démontré sa capacité à exacerber les divisions au sein de la Nation. Son objectif est clair : détourner les regards de la gestion chaotique du pays et de ses multiples incohérences« , déclare le Cadre de concertation. Pour ces opposants, Félix Tshisekedi ne fait qu’accentuer son propre discrédit, au détriment de l’image de la RDC, ignorée face aux souffrances de ses citoyens. Ils vont même jusqu’à affirmer que le président a délibérément choisi de ne pas honorer les exigences de l’article 69 de la Constitution, préférant se positionner en « diviseur » plutôt qu’en rassembleur.
Le Cadre de concertation va plus loin en pointant du doigt l’absence de responsabilité du président Tshisekedi, surtout en ce qui concerne ses promesses de lutte contre la corruption et de gouvernance transparente. « Il se revendique chef, mais se soustrait systématiquement à toute responsabilité. Ses engagements répétés à lutter contre la corruption ne se sont jamais concrétisés. L’hommage qu’il a rendu à son ancien ministre des Finances, malgré les accusations de scandales politico-financiers qui pèsent sur ce dernier, en est la preuve flagrante« .
En outre, l’opposition fustige le soutien tacite du président aux actions de ses partisans, qu’elle qualifie de « délinquance« . « En tolérant les débordements de ses militants, qui vandalisent les symboles de l’État et attaquent les institutions, il montre une conception dévoyée de la démocratie. Ce chaos orchestré est une stratégie pour affermir son pouvoir en violation constante de la Constitution« .
Enfin, le Cadre de concertation dresse un tableau sombre de la situation générale du pays. « La situation se détériore chaque jour un peu plus, et le président semble avoir perdu toute orientation. Il appelle à la patience, affirmant qu’il vient à peine de commencer son mandat. Mais pour beaucoup de Congolais, une question se pose : quel péché avons-nous commis pour mériter un tel leadership ?«
THE EDITORIAL

