La récente décision de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe concernant l’ancien député provincial Mike Mukebayi a suscité une vague de surprise et d’incompréhension parmi ses avocats. Ces derniers expriment leur frustration face à la manière dont les préalables soulevés par leur client ont été intégrés au fond du dossier.
Maître Christian Emango, l’avocat de Mukebayi, a fait part de son mécontentement lors de l’audience. Il a souligné que Mike Mukebayi était stupéfait de constater que les arguments préliminaires, soulevés il y a un an, ont été ajoutés à l’examen principal de l’affaire. Selon Emango, Mukebayi a été appréhendé par des individus non identifiés, malmené, puis transféré à la maison d’arrêt sans explication claire. Une lettre tardive signée par le procureur près la Cour de cassation, mentionnant le transfert de Mukebayi à la Cour d’appel en procédure de flagrance, a été jugée suspecte par la défense. Cette lettre a soulevé une question fondamentale sur la régularité de la procédure, question à laquelle la Cour n’a pas répondu de manière satisfaisante.
La Cour d’appel avait précédemment statué uniquement sur le déclinatoire de compétence soulevé par Mukebayi en raison de son statut de député. La décision a été de rejeter ce moyen, arguant que les infractions avaient eu lieu lorsque Mukebayi était encore député provincial.
Mukebayi, membre du parti Ensemble pour la République, fait face à plusieurs accusations, dont menaces d’attentat, propagation de faux bruits, imputations dommageables, et une accusation supplémentaire d’offense au chef de l’État. Ces charges sont liées à ses déclarations faites lors de l’émission « Libre débat » sur CML13.
Depuis le 23 mai 2023, Mike Mukebayi est incarcéré à la prison centrale de Makala, suite à son soutien à une famille victime de violences lors d’une manifestation de l’opposition. Cette manifestation, dirigée par des figures politiques telles que Martin Fayulu et Moïse Katumbi, a été sévèrement réprimée, entraînant de nombreux dégâts et blessés.
Cette affaire continue de faire couler beaucoup d’encre, alors que les parties concernées attendent des éclaircissements sur la régularité des procédures judiciaires suivies dans ce dossier.
Peter MOYI

